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Par Jean Denise

Quelques expressions typiques du parler dunkerquois


LA FAMILLE

Grot'che ou menne (la grand mĂšre) ; peille (le pĂšre), meille ou moudr'
(la mĂšre) ; les kint'ches ont des zeustres, des zostekeus et des
brours ; les plus grands sont les double-mousses et les meiches, les
suivants les mousses et les plus jeunes, les boutche-cadeules et les
kinkernÚches. C'est tout son pÚre craché.
Ma matante, mon mononcle; les pĂȘtekint' ches.


MALHEURS PHYSIQUES, MALADIES, DEFAUTS

Tel grand quinze cĂŽtes est grand comme Reuze, alors que tel autre pauvre
mousse est un craquelin ou un craquelot, Ă©pais comme un sprat',
comme un stockfish, comme un dracle ou comme un « Maritime » double plié en
quatre, maigre comme un fil Ă  voile. Celui qui est fort a du peut', celui
qui est myope est kilebille « i voit pas à deux longueur de biscuit »,
celui qui ne voit pas fort clair est berlou ou schitore, il a les yeux dans
l' podingue, il voit pas une doum'pe. Celui qui a les cheveux frisés a une
belle tĂȘte, il est kreulebol ou kreule kopt'che alors que celui qui est
chauve est kal ou kopt'che raze. On est crommeneuze quand on a le nez
tordu, dekeneuze quand on a un gros nez et pinn'keneuze quand on a le nez
crochu. Le vertecline rend crommenek, et quand on est tout cromme on est
droit comme la rue d' Saint Gilles. Le kreupelaere, le crommepatte, le
molepotte et ceux qui ont des ostrerores klopent des pieds.

Quand on vient dans sa tĂȘte on est tjole, doune, brac, bĂȘte Ă  danser
d'vant l' tram, fou à danser d'vant l' Reuze, fou comme un panier (percé),
zweint'che.

Quelqu'un de lent est un leule, un leuleman, un leulebrouck, un
leulecouste, un lapeteute, un picheleule, un treun'te. Celui qui
n'a pas l' esprit trĂšs vif est un grand loquetĂȘte, un grand cadeule, un
nain et mĂȘme un grand nain, un nĂȘche, un nĂȘche prout', un clistre, un
molefique, il a toujours un oeil dans l' rata, ou des yeux d'gode, il est
prĂȘt Ă  tomber endormi.

Celui qui a pris froid attrape son estaffe, il est sleut', pĂąle comme un
schĂšte, il a son coĂȘu en papedouk, il est fort fatiguĂ©, il a un put' van ze
kelt'che, il est peut-ĂȘtre pas malĂąde, malĂąde mais il a un grand accablĂąge,
il est prĂȘt Ă  tomber faible. S'il va du haut en bas et qu'il vient tout a
rien, c' est un oiseau pou' l' chat : il faut mieux servir ou aller voir le
guĂ©risseur qui lira le mal en bas avant d' ĂȘtre bout' che foutu, couĂšk
et aller chez pitchepeck.

Le pichecontraire fait des leuleficages, c' est un fatigant (modĂšle),
un casin (modĂšle), un casin gris. Un saule pleureur est un chagrin (modĂšle).
Celui qui est mou est toujours mat' et outre d'; fatigue. Le maleumoquepĂŽtte
est un maladroit. Un avare est un pirate ou un compteur de grains de
sel. Une femme bavarde est une miteparlotte, une commÚre à café et
souvent une mitchemouille. Celle qui fait la madamt'che est une calemadame



NOURRITURE

Les Dunkerquois ne font pas les visemules ; ils aiment faire un bon
smeule et manger tout leur ventre plein jusqu'Ă  ce qu'ils soient outes,
opeblozes et qu'ils ne puissent plus dire pap'. Ils ont alors du leut'che Ă 
faire un reupe puis un grand streule


Au menu :

  • des poissons : sprats, plat'ches, beutes, soles beutĂ©es,

godes, wamm', kakesteks, kĂšlebĂȘt'ches, gendarmes, klipers, harengs de kake,
harengs pecks, peckelhorings, anguilles pĂȘchĂ©es au peudre et du
stockfissh Ă  condition qu'il ne soit pas stelle.

  • des viandes : des scaillepĂŽtes (ou des zwinnepĂŽtes), de la

koudevlÚÚs, des knuches, du beultecaze, du potche vlĂȘche, des
meuchkes, des t' chicks, surtout des sprĂȘbles attrapĂ©s dans des vreules, du
schĂąpre, des bisteks de lard, des cĂŽtelettes de spirint, du bet'che
bouli pou' tremper son can'tche eud' pain n'dans, du lapin de garenne pris
dans un keunestrop. Il faut bien choisir la viand' pou'pas qu'al soit
tillache ou dure la peste sinon on peut s'Ă©toquer avec c'est tout juste
bon pour faire du katevlÚÚs.

  • des lĂ©gumes : du remolat, des spreut'ches, de la vulmeuze fabriquĂ©e

en Ă©crasant des patates avec un stam'pre, des porots, des
scheuleboĂŽntches, des sneĂȘboĂŽntches, des pĂȘteboĂŽntches, du rata aveugle
fait avec tous les ratekeutes, des arewetches, des chicons, de la salade
de blé, des krop', de la zeésalùt'.

  • des desserts : des steckebeilles, des catherinettes, des

veumeraeres (faut pas qu'al soient pourrites ni schnel), du podingue, des
pannecouckes avec de la castonade, de l' anisscoucke, du canellecoucke, des
croumirs, des smoutebolles, du pap’, du sucre pap', du sprit' chepap' , du
bloumepap', du ristepap', de la ristetart', de la pap'tart' et, pour
les sucrebecs, les snouprepaeres et les snoupremeules : des sucrebolles,
des tablettes, des spéculùt' ches, des bernardins, des taillelopes, des
couques, du couckeboterom', un coukestut', des strinn'tches, du sucre
de peck, des sucrades, des volaeres, du zouteboum'.

  • des boissons : des chomeurs et des pintes de biĂšre, des pint'chebier,

des dÚkepin'tes, des teuches, des droppel'tches, du kevre qui goûte bon
(pas du wiche pipi), du brandewyn' , du Wis-six, il faut boire le rinche
avec le pot' che cafĂ© qui ne doit ĂȘtre ni du pichelour ni de la schirloute.


TRAVAIL

Les Dunkerquois sont vroutes, ils taillent n'dans, taillent dans la
butte, les pennelĂȘckres font sur un bureau, les nĂ©goçiants font dans les
draps (ou les grains), les kailleupoupres et les kailleulopres
font su' l' port. Ceux qui ne gagnent pas assez sont payés avec des bonbons
sĂ»rs, ils veulent ĂȘtre aurmentĂ©s, font grĂšve et chantent « la Terre
Nationale » ; s'ils n'obtiennent pas satisfaction, ils l'ont avec, ils sont
scĂąt'ches, ils sont coubĂšles. Quand les ouvriers viennent d'Ăąge, ils sont
usés déyors, ils peuvent pu' en voie, ils sont mis su' l' nopt'che. Les
patrons qui font capseille sont Ă  la reute.

Celui qui fait du preulewerk ou du vulewerk va avoir son pack'tche (son
sac), ĂȘtrejetĂ© en voie, pu savoir d'oĂč rester, pu savoir d' oĂč d' aller, il
va driver, choler et devenir un vilain rider.

Autres métiers dunkerquois : professeuse, ingénieur à grenoble
(agronome), coustre, bĂąckre, couckebake, colebitre ; raccomodeuse
pour rassercir, kalebuck, koĂŻe, cotre.


AMOUR

Quand les Dunkerquois ont le stĂšckebeille turbulent, ils ont un
schkire pour faire un beurt'che et un m'tit tour su' l' carrousel. Ils
cherchent dufrĂȘt, des meĂŻches, des beaux m'tits lots, pas des
mulecoun'tes ou des bĂ©geules qui toument leur tĂȘte pou' pas di'
bonjou'. Ils font des miches, lancent des cordelles et quand ils ont un
leuche ils font neuche-neuche en s'appelant mon creut'che, mon
live'tche, mon nounn'tche, mon keunn'tche, mon strounn'tche, ils
donnent des zĂŽt'ches, font des zwinevrout'ches et partent faire des
schkĂȘdres derriĂšre les hayures ou un nouneslĂąpt'che.

Les choses sĂ©rieuses commencent quand ils s'intĂ©ressent au tĂȘttekot', au
tĂȘttecariole. Ils jouent Ă  cat'chespĂšle, ils mettent la main su'
l' quatre heure : « ti' ton doigt mon coeu' i' pa' ». Les mots dunkerquois
ne manquent pas pour désigner le sexe féminin (entouré de touffecoun'tches) :
koukelour, plat'che, moule ; ni le sexe masculin : zwek'tches, piche,
pichelour, wiche, paleule. L'important c' est d' aller au neut'che, mais il
faut pas rester en rak pour avoir bien du leut'che.
Quand la fille a l' prĂšk (ses loques) et qu' elle a un preutelap'tche, ils
sont scĂąt'ches.

Quand on se fait devancer par un concurrent, i' en a un qui chauffe le
four et l'autre qui enfourne les m'tits pains, on est coubelle,
bout'che van de deur et on reste su' le nop'tche. Si on veut quand mĂȘme
faire un lokeskĂŽt il reste plus qu'Ă  aller aux p'tites jupes (aller aux
putes) dans un piqueneuche de la poupestrĂŽt choisir une vulmitte, une
poupecholée. Si c'est tou' des deckecounn'tes avec des yeux d' gode
ou qu'on a pas de poun'cre, il ne reste plus qu'Ă  partir de misĂšre.

AprĂšs l'amour, ils sont outepoupes, catelames, outre d' fatigue, leur
zwek'tche est picheploïe. Il arrive que la partenaire soit embarassée
(enceinte) ou, ce qui revient au mĂȘme dans une position intĂ©ressante parce
qu'elle ne s'est pas r'vue (elle n'a pas eu ses rĂšgles) et elle a compris
qu'elle était prise. Si on est pas un piqueur et qu'on fréquente pourle bon
motif (en vue du mariage) et que, dĂ©jĂ , il y avait quĂȘt' chose sous
l' meutse, il ne reste plus qu' Ă  la marier. A Dunkerque, on se marie
contre sa bonnamie.


BEUVERIE

Celui qui a toujours soif a été baptisé (sevré) avec une queue de
morue, il jette dans la benne, il a toujours son aboire avec, il a
toujours envie sur une pinte, il est toujours à marée basse. Il aime l' peu,
c' est un taf, un cacao, un pepreneuze, un peckebrouck. Si c'est
un buveur de trois-six, il schnike, il s'adonne Ă  la courte boisson, il boit
des schloke en bas, de dropt'ches de kĂšvre, de schnik et de brandewyn'. Si
c'est un bierbuck, un blozebuck, un dĂšckebuck, un piche-tuborg, il ne
commande pas un galopin mais des deckepin'tes et doit souvent aller
faire pisse. Le buveur de vin commande un grand chomeur de rouge.
Celui qui s'attarde trop rue d' la soif ou qui schnicke trop est fatigué,
il est un peu bu, il est droun'ck, il a un m'tit oeil, il a un oeil dans
l'nougat ou dans l' rata, il a une
loque (Ă  son cul), il a un coup dans l' minck, il est potcherolle.
S'il continue Ă  boire, il va ĂȘtre chargĂ© dans les hauts (roulant bord
sur bord comme un voilier trop toilĂ© en tĂȘte de mat), il fait des slĂšbres,
il a sa musette, sa dache, sa pistache, sa croute. BientĂŽt il va
ĂȘtre dans l' thĂ©, dans l' nougat, yes, fait, fait aux pattes, fait comme
Mickey, criminel, saoul-criminel, crim' gite (criminel avec la gite
correspondante), criminel-bataillon,
criminel-dématé, dématé, bleu, bleu-
marine, bleu-marine Ă  m'tits pois, bleu marine Ă  carreaux, bleu marine
d'Ă©querre, mauve, morsive, copoverbolle.
Si au moment de payer il est cent francs trop court, il colle un cleck
et on l' Ă©crit sur le taillebouck.
Celui qui est en virée ou qui ne
dessoule pas pendant plusieurs jours est en neuvaine, il est toujou' su' l'
mĂȘme bord.


QUERELLES ET INSULTES

  • T' es toujou' en train d' lancer des pick'ches, de m' traiter,

de m' calonier, d' m'agoniser d' sottises, et pĂź maint'nant tu viens
fai' mĂąt'che et ben, t'as chaud (t'as un double stout') !

  • EspĂšce de pouchemĂącre (de nan'tche pĂȘck), tout ça c' est d' la

djale, au plus tu vieillis au plus tu d' viens toureloure (wikeblindé), va
jouer avec pouche avant qu' je d'viens ouredeule (outre de colĂšre) !

  • Grand cleudre, tiens ta langue au chaud : tu speute qu' on dirait

qu'il pleut, face de. bostecop'!

  • Tu t'es pas r'gardĂ©, klottebreck!, avec tes yeux d' gode,

on dirait un beute qu'a raté la marée.

  • Tu peux parler espĂȘce de platche berlou, tu stincke van de

peste, va vite chez Dache t'auras des clous !

  • EspĂšce de schaille, tu f'rais mieux d'aller ach'ter du brillant

belge pour nettoyer ta fégu' qu'al est noire comme croïe qu' tu r'semble à un
catchecoucou.

  • Capeuche ! Tu cours au feu, t'es installĂ©, t'as tout du campeur !
  • Laisse tomber c' est du meule, c' est tout du ript' che rapt'che.
  • Mirepiche, bloze me ratt' !
  • Crabemol, blackboy, mulecoun'te, bleut' sac, keusse me ratt' !
  • Vieux wagon dĂ©raillĂ©, rĂ©sidu d'oeuf clair, branleur de chien mort,

j' vais t' mettre un paré à virer, un vrai plaque-mule.

  • Schitebrouck, t'es pĂąle comme un schkĂšte, tu veux qu'on appelle la

rotekrusse.

  • Grand schitre, tu trembles dans tes loques, petebrouck, so'

deyors, t'auras un pale en plein milieu d' ta gueule.


Flandricismes et expressions typiques

On court Ă  toute gĂźte, on taille ses pattes en bas ou on taille derriĂšre
quand on court vite. On fait son beste quand on fait de son mieux : on fait
pour un bien. On fait son soldat lorsqu' on effectue son service
militaire, mais le colebitre fait des soldats lorsqu'il met des sacs de
charbon « à gauche » , lors de livraisons. Donne, une fois !
s'emploie pour donne ! Il a dit Ă  lui pour : il lui a dit. J' tiens pu'
ensemble : je suis énervé.

PĂšte ouvert ce qui se fend et s' ouvre. PĂȘter ouvert veut dire casser.
Le chagrin fait pleurer tous ses yeux déyors. Celui qui est fort a du peute.
On vient avec et on prend avec. Par contre l' avoir avec peut ĂȘtre traduit
par l'avoir dans l' dos (s' ĂȘtre fait rouler) ou ĂȘtre ivre. Tu peux l'avoir
signifie : « je te le donne ». Tu peux l'avoir pour toi toujours. On attend
aprés quelqu' un, ou auprÚs de quelqu' un. On joue sur la rue. On se marie
contre quelqu' un. On va chercher l' air sur les remparts quand on chante
faux. Parler contre quelqu'un ne veut pas dire que l'on médit mais qu'on
cause quelqu'un, on peut Ă  cette occasion l'agonier de sottises ce qui
revient au mĂȘme que de le traiter de tout a rien (l'insulter), ou
simplement le traiter. On est mis ou jeté en voie lorsqu'on est mis de
cÎté. Il arrive que l' on soit contraint de s'isoler pour faire pisse
ou faire kake. On fait des oppres lorsqu' on gagne au bouchon. Celui qui
saute sur place fait oupetata. Rester sur l'noptche veut dire rester sur le
cĂŽtĂ© (ĂȘtre tenu Ă  l'Ă©cart). Partir Ă  rire ou Ă  pleurer pour se mettre Ă 
rire ou Ă  pleurer.

Celui qui est occupé de faire quelque chose est en train de faire quelque
chose.

  • Maman qu'est-ce qu'on mange ?
  • Des confites matroze.
  • Qu' est-ce que c' est ?
  • Des mamiotes, et si t'es pas contents, t'as qu'Ă  aller chez Trassaert

ou chez Scut (noms d'anciens restaurants).

Tes pieds y sont kake (sĂąles). T'es noir comme croĂŻ (ou du pek). Il a les
yeux dans l' podingue : il est mal réveillé. Il est tombé endormi : il
s' est endormi. Il a coupé ses cheveux comme les remparts (ou les palissades)
de Bergues. Il est droit comme la rue d' Saint Gilles : il est tordu, voir
la chanson de carnaval « Les commÚres de la rue d' Saint Gilles ». Va jouer
avec pouche : laisse-moi tranquille. Je ne sais de rien : je ne sais rien.

Il tombe des molleyounes : il pleut des gouttes grosses comme des piĂšces
de cent sous (molleyounes, lit jeunes de taupes). Tu me prends pour un oeuf
clair ou pour un jeune de taupe : tu me prends pour un imbécile. Qu'est-ce
qu'il y a à faire ici ? Que se passe-t-il ? Ben qu'est-ce ça dit (Comment ça
va). Wines' dat' : qu'est-ce que c'est ? J' veulte bien, mais j' peuvte
pas. Nous, on a dansé toute la nuit. Je lui ai dit, da. Ce ne sera rien,
va. Ça c'est quĂšt'chose ! (un Ă©vĂšnement). Sans ça, tu peux venir
avec ! Je suis bien tranquille là d'sus


Laisse courir, c' est du meule (ce n'est rien). D'oĂč ce que tu sors ?
D'oĂč d'est-ce que tu sors ? Quand d'esque vous venerez ? J' ai 5 francs
trop court (il me manque 5 francs). J' peux pas auprĂšs : c' est trop cher
pour moi. Donne-moi un peu ton m'tit'nom (prénom). Débordé comme la
traille de la Sint' Jacque's Poortche (voir « Les commÚres de la rue d'Saint
Gilles »). Il peut pas sortir d' sa mÚre, (sa mÚre est toujours aprÚs
lui). Il peut pas l'aider (il n'y peut rien). Il a aussi pas fait ça. Il est
toujours jamais là. J' ai rien besoin : je n' ai besoin de rien. Ça
vĂą Ăąller ! Et bien, tu ne t' en fais pas ! Ne te gĂȘne pas!

On est d' accord avec le peseur sur le port lors qu' un peu de marchandise
est prélevée avant pesage avec l' accord tacite du peseur juré (« T'as
rien vu, frĂȘĂȘ ! »). Celui qui fait une tentative de proposition verbale jette
un cordelle (de la pĂȘche au cordelle, sans gaule). Les enfants achĂštent pour
un franc de bonbons à la mesure. T' es rien beau ou rien fatigué (qu' est-ce
que tu es beau ou fatigué). Il chole sa bosse (il roule sa bosse). Dans les
bals ou les soirées, il y a du beau linge (du beau monde), ou du fret (des
belles filles). Les pĂȘcheurs cholent toute la nuit pour trouver le poisson,
quand ils rentrent sans rien ils ont fait une marée de vase


Hen' es door : le voilĂ . T'as qu'a voir : tu te rends compte. Tant' es
door : voilĂ  ma tante. On a une belle tĂȘte quand on a de beaux cheveux
(généralement frisés). On est à l'assurance quand on touche les
indemnités journaliÚres de sécurité sociale (ou autre). Un bateau à bout
de bord est un bateau trÚs fatigué.

Quel pirate : quel pingre. Tu cours au feu : ton pantalon est trop court. Il
peut pas de sa mÚre : sa mÚre ne veut pas. Un émigré d'usinor. un étranger
(non dunkerquois de souche). T'es pas si tĂŽt sorti qu'on t' voit p'us et
quand tu pars on dirait qu' tu r'viens' (se dit de quelqu'un qu'on
aime pas). On pend un vĂȘtement auprĂšs d'un porte-manteau. Payer Ă  samedi :
demander crĂ©dit et payer le samedi, jour oĂč on touche sa semaine. Caus' Ă 
l'aut' : ne m' embĂȘte pas. T'as chaud Ă  tes reins : tu peux toujours
attendre. Va vite chez Dache, t' auras des clous : vas te faire voir.


EXPRESSIONS DE DOCKERS

Avancer comme en 14 (avancer), avancer comme en 40 (reculer). Avoir le
chapeau : se dit d'une Ă©quipe qui travailIe moins vite et qui fait
attendre la grue en l'air.


INJURES - JURONS

Dieu's Maria Toch : JĂ©sus-Marie, quand mĂȘme ! God verdomme : Dieu me damne.
God Vordeck : Forme atténuée du précédent Walle, walle ou walle-chiche
pu walle-chiche toch : et bien, et bien. Nom de diu ! ; nom de Dieu !
Bleuze me rat' : souffle Ă  mon cul. Keusse me rat' : embrasse mon cul.


AMUSONS-NOUS

Le canal exĂ©cutoire pour le canal exutoire (lĂ  oĂč les rats musclĂ©s
purulent). Le stylo à grains pour le silo à grains. Le bassin de révolution
pour le bassin d' Ă©volution. La forme de gras double pour la forme de
radoub. Le port monotone pour le port autonome. La chaussée des garces pour
la chaussée des darses. Le sentier de France pour les Chantiers de France.
L'Usinor pour Usinor : mon pĂȘ' i travaille Ă  l'Usinor. C'est l'occasion
qui fait l'hareng (prononcer haron). Il est né dans une mauvaise toile au
lieu de sous une mauvaise étoile. Sel de riz pour céleri. On n' est pas
sorti de Looberghe (bourgade voisine de Dunkerque) pour de l'auberge.
L'élixir catégorique est efficace pour les coliques mais pas pour les
coliques frénétiques. Un morceau de chair humaine (cérumen). Fier comme un
petit banc (Artaban). Connu comme le houblon (le loup blanc). Vieux comme
mes robes (HĂ©rode). Des pommes de terre en robe de chambre (en robe des
champs). Des prix gastronomiques pour astronomiques.
Payer les pois cassés (pots cassés). ElIe se croit sortie de la cuisse a
Jules Pieters (Jupiter). Quelqu'un qui prend des précautions est précoce.
Cette femme elle est au courante de tout (Ă  tous les Ă©tages bien entendu).
Les pets de Madame OclĂšs (DamoclĂšs). Des pamperlouses (pamplemousses).
Ingénieur a Grenoble (agronome). Des cotelettes d'aspirine au lieu de
spirint Un bisteack de lard. Lorsqu'il fait chaud les Dunkerquois souffrent
de la clavicule. En hiver, les fortes chutes de neige provoquent des
congénÚres et on peut attraper des flexions de poitrine. Il faut mettre
les choses au qu' al sont : il faut mettre les choses au point. Un tiercé
grelottée (belotée).
Parlant d'une femme maigre on dit : elle est Ă©paisse comme un Maritime
double plié en quatre. Le Maritime étant, bien entendu, « Le Nord
Maritime » journal paraissant avant la guerre à Dunkerque. On dit encore :
elle est tellement maigre qu'elle prenait son bain dans un canon de fusil.
La femme d'un plĂątrier dit : quand mon veint'che y rentre le soir, il est
plein dans sa tĂȘte de plĂątre, pourtant i' met un casque sur sa tĂȘte en
plastique.


 
parlerdunkerquois/expressions.txt · DerniÚre modification: 2019/01/30 23:09 (modification externe)
 
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