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saintmartin:histoire [2019/01/30 23:09] (Version actuelle)
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 +====== LA FETE ET SON EVOLUTION ======
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 +FĂŞte plusieurs fois sĂ©culaire, la Saint-Martin n'est plus cĂ©lĂ©brĂ©e en 2000 comme elle l'​Ă©tait encore en 1900…
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 +Ainsi, la date du dĂ©filĂ© n'a pas toujours correspondu au seul 10 novembre, et les enfants participaient autrefois Ă  la fĂŞte habillĂ©s de vĂŞtements particuliers. Mais tout comme aujourd'​hui,​ le dĂ©filĂ© se faisait en chansons, et de nombreuses lanternes illuminaient le cortège. Et pour les courageux chercheurs d'​ânes,​ il y a toujours eu des rĂ©compenses...\\
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 +//La Saint - Martin Ă  Dunkerque en 1999.\\ On aperçoit au second plan l'âne Panicaut, gĂ©ant d'​osier qui n'a pas fait l'​unanimitĂ© auprès des Dunkerquois,​ habituĂ©s Ă  un « vrai » âne...//
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 +====== LES VĂŠTEMENTS ======
 +Le port de vĂŞtements de pĂŞcheurs et de bottes, en rĂ©fĂ©rence Ă  la tenue vestimentaire des jeunes hĂ©ros commĂ©morĂ©s,​ fut pratiquĂ© jusqu'​Ă  la belle Ă©poque. Puis cette pratique se perdit, probablement en partie Ă  cause du dĂ©clin de la pĂŞche sur Dunkerque, qui rarĂ©fia jusqu'​Ă  la possession de ce type de vĂŞtements …\\
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 +//Sur cette carte postale datant de la Belle Epoque, on distingue nettement les cirĂ©s portĂ©s par les enfants.//
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 +====== LES LANTERNES ======
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 +//Betterave sculptĂ©e et lanterne : deux ingrĂ©dients indispensables au dĂ©filĂ© (Dunkerque, 1999)//
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 +Les torches des toutes premières commĂ©morations se transformèrent peu Ă  peu en lanternes, moins dangereuses Ă  manipuler. La lanterne traditionnelle,​ la « papier lantern », est en forme de pyramide renversĂ©e. Les parois intĂ©rieures,​ au centre desquelles brĂ»le la bougie, sont huilĂ©es. La lanterne est maintenue en hauteur Ă  l'​extrĂ©mitĂ© d'une baguette de bois, et parfois dĂ©corĂ©e d'​images d'​Epinal dĂ©coupĂ©es ou simplement peinte. Certains enfants utilisaient des fanaux, ces lanternes servant sur les bateaux et qu'il leur Ă©tait facile de rĂ©cupĂ©rer Ă  l'​Ă©poque oĂą la pĂŞche Ă©tait encore le moteur de l'​Ă©conomie dunkerquoise.\\
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 +//Une « papier lantern »//
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 +Puis peu Ă  peu se dĂ©veloppa aussi l'​usage de betteraves sculptĂ©es, prĂ©alablement « rĂ©cupĂ©rĂ©es » auprès des maraĂ®chers. Ces betteraves sont vidĂ©es jusqu'​Ă  en devenir translucides et des trous, permettant l'​Ă©vacuation de la fumĂ©e et aussi la manipulation de la bougie, sont percĂ©s. Ces fentes, taillĂ©es de sorte Ă  constituer une bouche, un nez et des yeux contribuent Ă©galement Ă  rendre plus esthĂ©tique cet objet que l'​ovalitĂ© prĂ©dispose Ă  prendre l'​aspect d'un visage…\\
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 +{{saintmartin:​img12.jpg}}\\
 +//Une betterave sculptĂ©e//
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 +Très vite, les enfants, dĂ©sireux d'​ĂŞtre remarquĂ©s et mis en valeur grâce Ă  la possession d'une lanterne magnifique, rivalisèrent d'​imagination. C'est alors parfois toute la famille qui s'​initie Ă  la sculpture lĂ©gumière. A partir de 1905, les premiers concours de lanternes sont organisĂ©s, et certaines deviennent de vĂ©ritables maquettes lumineuses en carton ou en papier mâchĂ©. A la belle Ă©poque commencent Ă  apparaĂ®tre des lanternes en forme de beffroi, de leughenares,​ d'​hĂ´tel de ville, de statue de Jean Bart, et mĂŞme d'​hommes politiques comme Clemenceau ou Fallières.\\
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 +{{saintmartin:​img13.jpg}}\\
 +//Maquette du beffroi//
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 +Aujourd'​hui,​ ces concours existent toujours, et betteraves et maquettes dĂ©filent souvent devant des jurys diffĂ©rents. Il faut reconnaĂ®tre que ces objets sont devenus très dissemblables et que beaucoup de maquettes ne sont dorĂ©navant ni lumineuses ni destinĂ©es Ă  dĂ©filer. Si bien que beaucoup de gens se demandent pourquoi un concours de maquette, visiblement sans rapport avec le reste de la cĂ©rĂ©monie,​ est organisĂ© le soir de la Saint-Martin. Quant aux « papier lantern », elles ont disparu sous leur forme traditionnelle mais les lanternes de papiers tenues Ă  l'​extrĂ©mitĂ© d'un manche sont très nombreuses. Certaines de ces lanternes sont conçues Ă  l'​Ă©cole par les enfants eux-mĂŞmes, qui parfois appellent cet objet « un Saint-Martin ». La majoritĂ© d'​entre elles est cependant fabriquĂ©e industriellement. Elles sont alors souvent colorĂ©es et parfois Ă  l'​effigie de hĂ©ros de dessins animĂ©s ou d'​horribles citrouilles.\\
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 +//Un concours de betteraves(Steen,​ 1999)//
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 +====== LES CHANSONS ======
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 +//ArrivĂ©e de Saint-Martin et de son âne (Bambecque, 1999)//
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 +Le tintamarre accompagnant encore la procession au dĂ©but du siècle (chansons, teutres, trompettes en plâtre, clochettes et cornes de brume) n'est plus le mĂŞme aujourd'​hui. Les airs traditionnels ne sont plus interprĂ©tĂ©s par les enfants eux-mĂŞmes mais par l'​harmonie locale. Aux instruments de musique des enfants ont succĂ©dĂ©s des pĂ©tards, et le rĂ©pertoire se limite très souvent Ă  la chanson :
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 +  * Saint-Martin boit du vin
 +  * Dans la rue des Capucins
 +  * Il a bu la goutte, il l'a pas payĂ©e
 +  * On l'a mis Ă  la porte avec un coup de balai
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 +et parfois encore ses variantes :
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 +  * Il est nĂ©
 +  * Dans la rue des Vieux Quartiers
 +  * Il est mort
 +  * Dans la rue du Lion d'Or
 +  * Il a bu la goutte, il l'a pas payĂ©e
 +  * On l'a mis Ă  la porte avec un coup de balai
 +  * Saint-Martin boit du vin
 +  * Dans la rue des Capucins
 +  * Il a fait un schète
 +  * Dans la rue du loup
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 +{{saintmartin:​img16.jpg|}}\\
 +//Musiciens accompagnant le dĂ©filĂ© (Teteghem, 1999)//
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 +Pourtant, le rĂ©pertoire Ă©tait Ă  l'​origine beaucoup plus variĂ©. Outre les chansons en flamand, qui ont naturellement disparu, d'​autres comme celles des croquendoules,​ chantĂ©e pour rĂ©clamer la fameuse rĂ©compense,​ tend Ă  disparaĂ®tre. Si bien qu'​aujourd'​hui beaucoup d'​enfants ignorent cette chanson, et parfois mĂŞme jusqu'​Ă  la signification du mot croquendoule,​ ne connaissant que le terme volaeren.
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 +  * Saint-Martin,​ boule, boule, boule,
 +  * Fais des croquendoules !
 +  * Dans la rue des Capucins
 +  * Schite des boudins, Schite des boudins
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 +Au dĂ©but du siècle, les jeunes dunkerquois chantaient encore une version dont les paroles mĂŞlaient français et flamand :
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 +  * Saint Martin boule, boule, boule,
 +  * Saint Martin, boule,
 +  * Saint Martin, boule, boule, boule,
 +  * C'est Saint martin,
 +  * Saint Martin qui vient
 +  * Paekt een stock
 +  * En slaet op zyn kop
 +  * En dat hy daer mee door lopt.
 +    * //(Prend un bâton//
 +    * //Et Frappe sur sa tĂŞte//
 +    * //Et qu'​avec ça il fiche le camp)//
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 +On pouvait Ă©galement entendre cette autre version :
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 +  * Sinte Maerten leule, leule, leule
 +  * Als t'hemn schit zyn broek is vol
 +    * //(Saint Martin, leule//
 +    * //Quand il chie son pantalon est plein)//
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 +{{saintmartin:​img17.jpg|}}\\
 +//​Saint-Martin et son âne au milieu des enfants (Armbouts-Cappel,​ 1999)//
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 +Chose plus surprenante,​ le rituel Ă©tant alors Ă©troitement liĂ© aux mĂ©tiers de la mer, des chansons du rĂ©pertoire dunkerquois comme Mon Oncle CĂ´ ou Ah ce qu'​elle est courue la pĂŞche Ă  la morue Ă©taient entonnĂ©es. Rappelons pour replacer les choses dans leur contexte que l'âne de Saint Martin fut retrouvĂ© par des enfants de pĂŞcheurs et que les participants au dĂ©filĂ© Ă©taient vĂŞtus de cirĂ©s, s'​Ă©clairaient Ă  l'aide de fanaux et utilisaient pour faire du bruit cornes de brumes et chaĂ®nes de marine. Mais quiconque se hasarderait aujourd'​hui Ă  lancer de telles chansons aurait droit aux rĂ©probations de nombreux dunkerquois soucieux de ne pas laisser le carnaval « dĂ©border » sur d'​autre festivitĂ©s…
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 +====== LES RECOMPENSES ======
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 +Les volaeren, petits pains Ă  deux tĂŞtes, ont une forme immuable et ancestrale. La plupart des boulangers du dunkerquois en produisent, et certains livrent Ă©galement les mairies par dizaines de caisses… Il est de tradition que la municipalitĂ© qui organise le cortège se charge de rĂ©compenser les enfants en distribuant au moment de la dislocation du cortège ou du concours de betterave un volaere Ă  chaque participant.
 +On remarque cette rĂ©compense est très attendue et que les paroles de plusieurs chansons exhortent Saint Martin Ă  se livrer Ă  une distribution immĂ©diate et gĂ©nĂ©rale… ​
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 +{{saintmartin:​img19.jpg|}}\\
 +//​Saint-Martin distribue ses volaeren(Ghyvelde,​ 1999)//
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 +Jusqu'​au milieu du XIXème siècle, et encore un peu plus tard dans certaines bourgades de la campagne flamande, les enfants passaient Ă©galement de maison en maison, Ă©quipĂ©s de leurs lanternes, et rĂ©clamaient quelque rĂ©compense,​ plus souvent d'​ailleurs sous forme sonnante et trĂ©buchante que sucrĂ©e. Cette tradition disparue ne doit Ă©videmment en aucun lieu servir de caution historique au « trick-or-treat », le racket d'​Halloween que pratiquent dĂ©sormais certains enfants Ă  l'​occasion de la Saint-Martin.
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 +{{saintmartin:​img20.jpg|}}\\
 +//Une rĂ©compense attendue Ă  travers toute la Flandre\\
 +(ici Ă  Cappelle-La-Grande , en haut, et Ă  Wormhout, en bas, en 1999)//\\
 +{{saintmartin:​img21.jpg|}}\\
 
saintmartin/histoire.txt · Dernière modification: 2019/01/30 23:09 (modification externe)
 
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