Les Kiekeun Reusche

Les pages qui suivent reprennent en grande partie les travaux élaborés par Jean Denise dans son ouvrage « Les enfants de Jean Bart » (1977) puis « Carnaval dunkerquois » (1984). Pour ce colossal travail de collecte Jean Denise avait reçu l’aide, entre autres, de Jean Chatroussat, fondateur onze ans plus tard, en 1995, de la célèbre association « Les Pénelècres ». Nous pensons ne pas nuire à la propriété intellectuelle de l’auteur de ce lexique en publiant celui-ci en ligne, car l’ouvrage dont il est tiré n’est plus édité depuis plus de dix ans, mais est, en revanche, recherché par de nombreux Dunkerquois.

Cette rubrique est composée d’un lexique consultable selon l’ordre alphabétique (près d’un millier de mots), et de deux sous-rubriques, l’une concernant la prononciation, l’orthographe et la syntaxe, et l’autre reprenant quelques expressions dunkerquoises (et qui se veut un peu l’équivalent des pages roses du Larousse…).

Principales abréviations utilisées :

  • Fl : flamand dialectal (vlaemsch)
  • Nl : néerlandais
  • Pi : picard
  • Fr : français
  • Frd : français déformé, contracté ou employé à contre-sens.

Aboire

boisson. « Un peule d’aboire » ==== (un bidon de boisson). « Il a son aboire avec » (il a emporté sa boisson).

Abumer

abîmer

Accablâge

fatigue, léthargie. « Je suis pas malâde-malâde, mais j’ai un grand acca- blâge».

Achecruche

voir « nèche crusse ».

Al

elle.

Agoniser

agonir. « Il l’agonise de sottises ».

A la bonn’ heû!

et bien, tant mieux !

Ampouille

ampoule.

Anisscouke

gâteau à l’anis, du Fl anys koeke (même prononciation).

A noste kêe

à la prochaine fois (au revoir). du Fl tot e naeste kêe (même prononciation).

Anspeck

anspect, levier servant à pointer les pièces d’artillerie sur les bateaux. A l’origine les anspects sont en bois de frêne ou d’orme. Le gros bout taillé fut plus tard ferré et servit à d’autres manœuvres. Est égaIement utilisé sur le port pour déplacer des charges, des billes de bois ou des wagons. On dit à Dunkerque une « barre d’anspeck , (voir chanson « En avant la barre d’ans- peck »), du Fl handspaek.

Après

on « attend après quelqu’un » ou « auprès de quelqu’un ».

Architec

architecte.

Aréoplane

aéroplane.

Arewet’ches

petits pois sauvages qu’on trouvait sur les remparts, par extension : petits pois, du Fl ertjes (petits pois).

Astiquer

bombarder à coups de cailloux. Lapider. Mot picard.

Asteur

maintenant, du Pi achtheur (Fr « à cette heure »).

Astre

pie. S’emploie dans l’expression « T’es beau comme un âstre » ; du Fl aester (pie).

Au plus

plus « Au plus i’vient d’âge, au plus i’ d’vient méchant » (plus il vieillit plus il devient méchant).

Auprès

employé dans l’expression « J’peux plus auprès » ==== c’est trop cher pour moi, ou dans « Il est auprès de ses sous » ==== il est avare. Voir également « après ».

Aller de haut en bas

tomber malade.

Aurmenter

augmenter (prononciation flamande du « g » [y]).

Avoir

conserver, recevoir en cadeau. « Tu peux l’avoir » (je te le donne). « Tu peux ll’avoir pou’ toi pou’ toujou’ ». Peut égale- ment dire « recevoir en prêt » dans « Tu peux ll’ avoir à prêter ». S’emploie également dans l’expression « avoir son sac » (être renvoyé).

Avec

préposition souvent rejetée en fin de phrase et qui change son sens suivant le verbe avec lequel elle est employée : « prends le avec » signifie « prends le avec toi », tandis que « tu ll’as avec » signifie « tu t’es fait rouler » ou « tu l’as dans le dos ». Avec se traduit également par « contre » en dunkerquois ==== « on se marie contre quel- qu’un » et « on parle contre quelqu’un ». (voir « contre »).

Azie

brûlé. Vient du vieux français « arzir », brûler, avec disparition du « r », dans la prononciation dunkerquoise. S’emploie dans l’expression « ça sent l’ azie » ==== ça sentle roussi (le brûlé).

Babbelaere

bavard, du Fl babbelaere.

Babet

genre de marelle. « De nos jours les enfants jouent encore au babet ».

Babioque

voir « Mamiote ».

Bâcre

boulanger, du Fl bakker.

Baraquin

« romanichel », habitant des « chalets américains », habitations provi- soires bâties après la guerre 39-45 sur les glacis. Du Fr. baraque. Désignait avant la guerre les gitans, rempailleurs, ferrailleurs, etc. stationnés sur les remparts (par exemple à l’extrémité de la rue du Fort Louis). C’est par dérision que les habitants des baraquements « provisoires » se sont eux-mêmes appelés baraquins.

Barrer

fermer à clef ou au cadenas. « J’ai barré la porte poû pâ qu’i rentre ».

Bât’che

gilet, chandail, maillot de marin.« Il a mis sont bât’che rayé poû faire carnaval ».

Batiche

diminutif de Baptiste. Voir égaIe- ment « Tiche ».

Bazenne

femme de patron de pêche ou d’armateur. Par extension, dunkerquoise de souche. Du Fl bazinne (même prononcia- tion) qui lui même vient de « baes » le maître. Les américains ont emprunté ce mot au flamand dans « big boss » (grand patron).

Becque

petit cours d’eau, ruisseau, du Fl beék. « Courir le long de la becque ».

Bèètche

diminutif d’Elizabeth.

Bélandre

péniche, du Fl bylander (littérale- ment ==== qui est près de la rive).

Bélandrier

marinier.

Benne

s’emploie dans l’expression « j’ter dans la benne » . (avoir un penchant pour la bouteille).

Ber

chariot pour transporter les bateaux. Par extension, rampe de lancement des navires.

Berguenaere

parapluie, du Fl berguenaere. Nom donné par dérision aux habitants de Bergues qui étaient souvent muni de ce genre d’instrument. « Les Berguenaeres ont de beaux berguenaeres » (les Berguois ont de beaux parapluies).

Bergues

cette charmante petite ville a de tous temps fait l’objet de la raillerie des Dunkerquois. Quand on chante faux « on va chercher l’air sur les remparts de Ber- gues » ; si le coiffeur a raté sa coupe, on a « les cheveux coupés comme les remparts de Bergues » ; si dans un jeu de cartes on parle ou on joue avant son tour les adversaires en feront la remarque en disant « on est pas à Bergues » ; lorsque quelqu’un fait la tête on dit qu’il « tire un nez comme d’ici Bergues ».

Berlou

qui louche, fém.: « berlouque », Pi. « Un plat’che Berlou » (une pile « avan- cée »).

Bernardin

gâteau très sec et croquant, vendu autrefois pendant la neuvaine de la petite chapelle et remis à la mode par un pâtissier de la rue Poincaré.

Besoin

n’est jamais suivi de l’article « Il a besoin son vélo pour lui aller manger ». « J’ai besoin des sous » (il me faut de l’argent). « J’ai rien besoin » (je n’ai besoin de rien).

Beste

meilleur, du Fl beste « Il a mis son beste clet’che » (il a mis son plus beau costume). « Il fait son beste » (il fait de son mieux).

Bèt’che

petit morceau, du Fl beet, sous sa forme diminutive. « Un bèt’che eud’pain » : un petit morceau de pain.

Bèt’chebouli

morceau de bœuf, du Fl beetje ==== petit morceau + bouli (bouilli).

Beuke

bouc, par extension mâle. « Un keune beuke » (un mâle de lapin), du Fl bok.

Beulte

bossu, instituteur, du Fl bulte ou beulte ==== bosse.

Beultekaze

fromage de tête, littéralement fromage bossu. Il s’agit d’un pâté de tête de porc que l’on moule dans des saladiers ronds. On démoule en retournant le sala- dier et le fromage de tête a l’aspect d’une bosse, du Fl beultekaes.

Beurt’che

petit tour. « Faire un beurt’che » (faire un petit tour avec une fille), par extension, « faire un beurt’che » veut dire faire un tour dans « la bande des pê- cheurs », du Fl beurtje (même signification).

Beuschkes

école buissonnière. « On fait des beuschkes » (on sèche les cours), du Fl boschke (petit bois).

Beuschkemâkre

qui fait l’école buisson- nière.

Beusse

poche, du Fl busse.

Beustefrac

porte manteau.

Beute

flet (poisson) « i’fait une tête de beute qu’a raté la marée » (il fait une sale tête), « des yeux d’ beutes’ (des yeux sans expression) ; erreur ==== « il a fait un beute » (il a commis une erreur), du Fl « bot » qui possède les mêmes sens (poisson et erreur).

Bèze

balai. On dit également « besme », du Fl bezem ou bessem (voir « pote-bèze »).

Bier

bière, « e pint’che bier » (un demi de bière), du Fl bier.

Bint’che

diminutif de Benjamin.

Bierbuck

ventre à bière « c’ est un bier- buck », du Fl bierbuuk.

Bisteck

beafsteack, tranche de viande en général, « un bisteck de lard » (une escalope de porc).

Blackboy

Jean-Foutre, de l’anglais (?)

Blackvernis

peinture ou goudron, proba- blement de l’anglais.

Blague

« Qu’est-ce qu’il a comme blague » (quel raconteur d’ histoire).

Bleck

pâle, étain, petite monnaie, toc, métal de faible épaisseur. « C’est tout du bleck » (ça n’a pas de valeur). « Souder un bleck » (souder un bout de tôle pour colmater une fuite ou pour boucher un trou), du Fl bleek (même signification ).

Bleck’che

ramasse poussière. Doit son nom au fait qu’il est constitué d’une tôle fine. « Un zwint’tche et un bleckt’che » (une balayette et un ramasse poussière), « du pain de bleckt’che , (« du pain platine », cuit dans un moule en fer), du Fl bleekje, diminutif de bleek.

Bleck’ che Picard

petite monnaie.

BIêckre (ça)

brille (ça). « On voit qu’t’as astiqué, ça blèkre nieu » (ça brille comme du neuf), du Fl blikkeren, briller et nieuw, neuf.

Bleckvernis

voir blackvernis.

Bleu

saoul. «Il est bleu », synonymes « il est bu », « il est fait » , «il est dans l’thé », « il est chargé dans les hauts », etc.

Bleu marine

très saoûl, synonymes ==== « il est yes», « il est criminel », «il a sa dache».

Bleu marine à carreaux

très, très saoul, synonyme « un criminel-bataillon », « crim’ gite », « mauve ».

Bleu marine d’équerre

très, très, très saoul, probablement la dernière étape avant le coma éthylique… Synonyme ==== « morzive ».

Bleut’ sac

bourse plate ; par extension : jeune oiseau sans plumes ; par dérision : chauve; du Fl.

Bleuze me ratt’

souffle à mon cul, du Fl blaeze me gat.

Blinque Piche

appellation familière donnée aux petits-enfants (littéralement ==== zizi propre).

Block’ che

petit morceau de bois, du Fl blokje (même signification).

Bloume pap’

bouillie à la farine, colle à tapisser, du Fl bloemme pap.

Bloze

ampoule, cloque. Par extension bleu, coup, bosse, du Fl blaeze (même pronon- ciation). Voir également « bleuze ».

Blozebuck

ventre gonflé, gros ventre, syno- nyme « bierbuck », du Fl blaeze + buuk (ventre).

Bobinette

mobylette, Frd.

Boc

voir « beuke ».

Boîte

sac de charbon.

Bollecope

coup au front, du Fl bollekop.

Bonbons sûrs

récompense de peu de valeur. « l’nous paye avec des bonbons sûrs ».

Bonnami(e)

fiancé(e), du Fr.

Boont’che

haricot, du Fl boontje.

Bostekop

rascasse, du Fl littéralement « tête méchante ».

Boun’tche

fiancé.

Boure

paysan, du Fl boer (même pronon- ciation).

Boureleule

paysan lourdeau, « gros petit pois », du Fl boer (paysan) et lullen (traîner).

Bouretap

paysan (Péj. dans le sens de « péquenot »), du Fl boeretap (fermier).

Bourwette

brouette, du Pi.

Boustebeille

petit pot de miel. Par exten- sion, personne « collante », youyou, annexe (d’un bateau).

Bout’

cordage, boulon, cuisse, gigot du Fl bot ou bout

Bout’che

petit gamin, se dit aussi pour une tétine, du Fl boutje.

Bout’che-cadeule

bébé, du précédent + Fl kadullen (copains).

Bout’che-foutu

foutu, perdu, du précédent + mot français.

Bout’che van de deur

trompé, « roulé », gros jean comme devant « Je me suis retrouvé bout’che van de deur » (en culottes courtes) du Fl, (littéralement. verrou de la porte)

Brac

exalté, fou, du Fl braek (inculte) ? ou du Pi.

Braek ou braeck

(digue du, banc du) situé à l’ouest de Dunkerque devant Usinor. Prononcer brâk (et non pas brèk ! !), du Fl braek (brisoir).

Branche (la)

Coudekerque-Branche « Il est d’la Branche ».

Brandet’che

brûlures d’estomac, « J’ ai le brandet’che », du Fl brand (feu) sous sa forme diminutive.

Brandewyn’

eau de vie, du Fl brandewyn (littéralement vin de feu).

Brayette

braguette, du Pi.

Brelle

lunette « Si tu vois pas clair t’as qu’à mettre un brelle », du Fl bril (même prononciation).

Brelle neuze

qui porte des lunettes, du Fl brille neuze (littéralement « nez à lunettes »).

Breut’che

affaire, occasion, bénéfice, pour- boire, économies.

Briac

qui casse tout, brisefer, sans soin. « C’est un vrai briac ».

Brift’che

petit morceau de papier, billet, lettre « Prête-moi un brift’che » (prête-moi un bout de papier). « Fais-moi un brift’ che , (fais-moi un mot d’excuses).

Brillant belge

produit pour nettoyer et faire briller les cuivres.

Brobbre

étoupe.

Brôd’

pain, « un bet’che brôd’, (un morceau de pain), du Fl brood.

Brouck

pantalon, du Fl broek (même prononciation).

Brour

frère, du Fl broer (même prononciation).

Bu

ivre. « Il est bu » (flandricisme).

Buck(e)

ventre « J’ai mal à mon buck(e) » du Fl buuk ou buyk.

Buckenaere

nombril. Désigne également des petits gâteaux présentant une cavité garnie de sucre de couleur en leur centre. Ces gâteaux qui étaient très populaires à Dunkerque étaient distribués comme ré- compense par les « figuemans ».

Buveuse de café

sorcière.

Si le mot cherché manque à la lettre C, voir également à la lettre K.

Cacao

alcoolique. Synonyme « Taf ».

Cadache

cacahuètes (synonyme: pistache). « Mon pê i fait chez Lésieû, y décharge des cadaches , (mon père travaille chez Lesieur au déchargement des arachides).

Cadeule

bénet. « Espèce de grand ca- deule », du Fl kadullen (copains).

Cahutte

cabane, synonyme cot’che, du Pi.

Caffeminnt’ ou caffelinnt’

amateur de café.

Cakerlat’

cafard, du Fl kakke (défécation) et lakken (lécher).

Cal

voir « kal ».

Cale

morue.

Calebousse

prison, de l’anglais calabosse (prison).

Cale madame

dame à manières, élégante sans le sou, chichiteuse, du Fl kallen (babiller, jaser).

Calemouille

poupée de chiffon.

Calewicheboone

escargot

Calonnier

calomnier, du Pi.

Camoufe

lumière, lampe, luminion. Pro- viendrait de l’argot des « poilus » de 14-18 pour désigner la lampe qui devait toujours être « camouflée ».

Campeur

moins que rien, ce terme remonte au 19e siècle quand certains dockers peu courageux n’avaient pas de quoi se payer le gîte et dormaient sur les quais sous des tentes faites de sacs de jute.

Camuche

cachette, du Pi.

Camucher

cacher, du Pi.

Candelle

bougie, du Pi.

Canelle-coucke

gâteau à la cannelle, du Fl kaneele koeke (même prononciation).

Cannt’che

croûte, « un cannt’che d’ pain » du Fl kantje.

Capeuche

minable. Peut provenir de ca- peuche (capuche en Pi).

Capseille

faillite, « il a fait capseille », du Fl kapseizen (faire naufrage).

Capt’che

croûton, début du pain, capuchon formé d’un sac retourné, du Fl kapje : capuchon.

Capmeuche

bonnet, du Fl cap (coiffe) + muts (bonnet).

Capre

corsaire, du Fl kaeper (pirate puis corsaire).

Carrière

chemin empierré, du Pi (même racine que charrier).

Carretablette

friandise à base de mélasse
synonymes: tablettes, tablettes à café, du Fl karretablette.

Carrewie

pain d’épice «tillache » vendu à la « neuvaine de la petite chapelle », du Fl karrewy (cumin).

à la foire de Dunkerque le « Ca- rousel Salon » était un manège fermé qui avait remplacé le « Carousel à Wanche , (sans moteur) vers 1878. « Faire un m’tit tour su’ l’carousel » veut dire faire l’amour.

Carton

serviette d’écolier, cartable. « Oublie pas ton carton » ; charretier « le carton conduit les chevaux sur la carrière », du Pi.

Casin

casse-pieds, importun, du Pi.

Casin-modele

forme accentuée du précé- dent

Casin-gris

encore pire que le précédent

Castonade

cassonade (sucre roux peu raffi- né), vergeoise, Frd.

Castrol

casserole, Pi.

Catchecoucou

soldat anamite pendant la guerre 14. Par extension, étranger bronzé.

Cat’chespele (jouer à)

jouer au « petit docteur » (à l’origine, jouer à cache-cache) du FI katjespeel (jeu de petit chat).

Catelame

fatigué, du Fl kattelam.

Cathéchime

cathéchisme, Frd.

Catherinette

mûres. Synonyme « kate- Beille ».

Catrol

voir Katrol.

Causer

« on cause quelqu’un » quand on lui parle (voir également « contre »).

Causse a me ratt’

voir keusse me ratt’

Celle-lalle

celle-là.

Celui-lalle

celui-là.

Cercle

cerceau, du Pi.

Chagrin

personne qui est toujours en train de se plaindre.

Chagrin modèle

forme accentuée du précé- dent, synonyme « saule pleureur ».

Chaud

« T’as chaud à tes reins » ou tout simplement « T’as chaud » (tu peux toujours attendre).

Chesser

sécher, Frd.

Chicons

endives.

Chiffrelu

négligé, du Fl schuferlu.

Choler

aller traîner, aller à la dérive, aller au hasard. Se dit des pêcheurs à la recherche des bancs de poissons ==== « ils cholent la mer , « Il chole sa bosse » (il roule sa bosse), « Il chole la rue » (il traîne la rue), du Pi.

Choleur

celui qui choIe, (surtout le soir), du Pi.

Chomeur

demi de vin rouge. « Un grand chomeur ».

Ciména

cinéma, Frd.

Cimitière

cimetière, Pi.

Cisse

diminutif de Maurice.

Cisse-flute

grand dégingandé. A l’origine, c’ était le surnom d’un pensionnaire de l’hospice, du genre filiforme, qui jouait du fifre dans la bande des pêcheurs de Rosen- daël entre les deux guerres et qui devint tambour-major. De Cisse dim. de Maurice + flute.

Claphouck

littéralement coin où on parle « c’est le claphouck » (quelle bande de bavards), du Fl klapen (parler) et hoek (coin).

Claque

casquette, du Fl klakke.

Claquebeusse ou claquebusse

sarbacane à boule (utilisée par les masques et les enfants), par extension, fusil, appareil à boucher les bouteilles. Onomatopée clac ! + Fl busse (boîte, carabine) ou klakkebusse (pétard).

Clèk

petite quantité, restant, impayé « coller un clèk » (partir sans payer), du Fl klik

Clet’che

vêtement, généralement employé pour désigner le travesti de camaval, « t’as mis ton beste clet’che ». (t’as mis ton meilleur habit), diminutif du Fl kleed.

Cleudre

dégingandé, « un grand cleudre » (une grande asperge), du Fl kleuter.

Cleutser

secouer, mélanger, battre les cartes

Clistre

grand niais, du Fl kliester.

Clouk

s’emploie dans l’expression « une poule clouk » (une poule couveuse), du Fl klokken (glousser).

==== Cô: diminutif de François ou de Jacques (Jacobus en Flamand).

Codière

bonne platée, du Pi (chaudron).

Coeû’

s’ emploie dans l’expression « mon coeû: i’ part » (je meurs de plaisir).

Colebitre

porteur de charbon, du Fl cool (charbon) et bieten (mordre) signifie littéra- lement « le mordeur de charbon ».

Collidor

corridor, Frd.

Commère à café

femme qui passe son temps à bavarder en buvant du café.

Comparaître

comparer, Frd.

Compteur de grains de sel

avare.

Confites Matroze

voir «pages roses », du Fl konfyt (confiture) et matroos (marin) donc « des marins de confiture ».

Consommer

boire, « i’s ont fait un accident parce qu’i’s avaient consommé ».

Contre

signifie « avec » dans de nombreux flandricismes « contre qui tu te maries ? » (avec qui te maries-tu ?) ; « causer contre quelqu’un » ne veut pas dire qu’on en dit du mal mais simplement qu’on lui parle. Signi- fie également « par rapport à » dans les expressions « il fait froid contre hier » (Il fait froid par rapport à hier) « je vais être en avance contre eux » (je vais être en avance sur eux).

Copenest

nid d’araignées, du Fl koppe (araignée) et nest (nid).

Copespèle

toile d’araignée, du Fl koppe (araignée) et speel (jeu).

Copeverbole (copoverbole)

cul par dessus la tête. Par extension ==== saoul, du Fl kop over bol.

Cordelle

« pêcher au cordelle » pêcher sans gaule ou tenant le fil à la main, du Picard. « I’jette un cordelle » (il fait une proposition orale, il tend la perche).

Corinthe

raisins secs (quelle que soit leur origine).

Corve (ou Corfe)

panier, du Fl korf.

Cot’ boy

cow-boy, « un film eud’cot’ boy ».

Côotche

gamine, jeune fille, « mon côot’ che » (ma petite cocote), du Fl kootje.

Cotre

agent de police, douanier.

Coubelle (être)

« roulé » (être).

Coucke

gâteau, du Fl koeke (même pro- nonciation).

Couckebâke

pâtissier, surnom de Vande- walle, pâtissier en face du palais de Justice, avant la dernière guerre, du Fl koekebakker (pâtissier, littéralement « boulanger à gâ- teaux »).

Couckeboterom

gâteau tarflne, du Fl koeke botteram.

Couckes cassées

fond de boîtes de gâ- teaux.

Couckepoure

cataplasme à la farine de lin, du Fl koekepoer.

Coukestuk

morceau de gâteau, du Fl koekestik.

Coukestut’

tranche de gâteau, du Fl koekes- tuut.

Couèk

mort, « foutu ». Onomatopée ?

==== Couincre (couêkre): frère des écoles catholi- ques, « l’école des couincres », l’école des frères

Courir au feu

avoir un pantalon trop court.

Court

«j’ai 5 francs trop court » (il me manque 5 francs), flandricisme.

Courte boisson

alcool. Ce terme est d’ori- gine maritime ==== l’alcool servait à désinfecter l’eau douce et à la rendre potable. « Il s’adonne à la courte boisson » (c’est un ivrogne).

Coustre

instituteur, du Fl koester (bedeau puis instituteur, même prononciation).

Crabe

« On dirait un crabe qui a raté la marée » (il fait une sale tête).

Crabemol

crabe mou (appât pour la pêche). Crachoir. « C’est à lui l’ crachoir » (c’est toujours’lui qui parle).

Craquelin

petit garçon chétif.

Craquelint’che

morceau qui reste quand on fait fondre la panne pour faire le saindoux (graillon), diminutif du précédent ?

Craquelot

hareng fumé, personne maigre, du Fl krakelo.

Craquendoule

crottes de l’âne de Saint Martin, petits gâteaux.

Creule

voir kreule.

Creut’che

gosse. Diminutif de creute « mon creut’ che » ==== ma petite crotte.

Creut’che-skoôll

école maternelle, du Fl kreutje school.

Creute

petit coquillage, bigomeau, crotte de nez.

Creuteneuze

bigomeau nasal, celui qui se nettoie le nez avec le doigt, du Fl kreute- neuse (signifie « nez sale »).

Criminel

saoul, ivre, du Fl krimineel zat.

Criminel bataillon

forme accentuée du précédent.

Crim’ gite

criminel avec la gite correspon- dante.

Criminel dématé

ivre mort (à la dérive comme un bateau dématé).

Croïe

corbeau, curé, du Fl kraey. « T’es noir comme croïe ».

Croisade

croisement, Frd.

Cromme

tordu, du Fl krom « il est tout cromme ».

Crommenek

cou tordu, du Fl kromme nek.

Crommeneuze

nez tordu, du Fl kromme

Crommenhouck

virage brutal d’une route ou d’un canal, du Fl krommenhoek (littéra- lement ==== coin tordu).

Crommepatte

patte tordue, du Fl kromme- poot (la prononciation « patte » vient de l’influence française à Dunkerque ; on pro- nonce également crommenpoôte).

Crop’

« boule » «j’ai l’ crop’ » (j’ai une boule dans la gorge), du Fl krop (chignon, gésier, laitue).

Crop’tche

trognon, coeur de salade, chignon. Désigne également un p’tit tas (dans un chahut), du Fl kropje, diminutif de krop.

Crou-crou (être à)

accroupi (être), à crou- peton, du Pi.

Croumire

bonbon brun et blanc.

Croute

cuite, « il a sa croute ».

Crû

froid, frais. « L’air al est crû » (l’air est frais), « i’fait cru contre hier, il a rimé » (il fait plus froid qu’hier, il a gelé blanc).

Cruper

ramper, marcher à quatre pattes, du Fl kruypen ou kruupen.

Curieuse neuze

méle tout, gâte sauce, du Fl neuze et Fr curieuse (utilisé en west- vlaemsch).

Dache

gros clou à souliers « va chez Dache, t’auras des clous ! » (fiche-moi la paix) ; cuite ==== « il a pris une dache ».

Dam’

petit passage qui franchit le fossé pour accéder au champ, du Fl dam ==== digue.

Darrer

bisquer, regretter, râler, du Fl deeren (regretter).

Deckebucke

femme enceinte, du Fl dikke- buuk littéralement ==== gros ventre).

Deckecounn’te

grosse chatte (grivois), s’emploie en Fl et veut dire « gros cul ».

Deckeneuse

gros nez, faux nez en carton, du Fl dikkeneuze.

Dématé

voir « criminel dématé’.

Deule

furieux, enragé, du Fl dol ou deul.

Deur

porte, du Fl deur.

Deure

« java », « noce », « bordée », bonne partie, tiens-bon-d’ sus.

Deyors (déyors)

dehors, Frd.

Diale

mensonge (prononcer djale).

Dialeur (djaleur)

menteur.

Diche

diminutif de Désiré.

Dieuloppe (djeuloppe)

diarrhée, peut-être du français julep (du persan « djoulab ») ; laxatif rafraîchissant, somnifère.

Dieus Maria Toch

interjection qui pourrait se traduire par « Jésus, Marie, Joseph » (litt ==== « Dieu, Marie quand-même »).

Diop (djop)

affaire (bonne), de l’anglais job « j’ai fait un djop ».

Dire

signifie « de différence » dans l’ expres- sion « i’a 5 francs à dire , (il y a 5 francs de différence) / aller dans l’expression « Qu’ess’ ça dit ? » (comment ça va) / dire dans l’ex- pression « il a dit à moi » (il m’a dit).

Dire de

dire que. « Il a dit d’ rappeler , (il a dit qu’il rappellerait). « Il a dit d’aller au marché » (il m’a dit qu’il allait au marché).

Dire quoi

tenir au courant, informer « je vous dirai quoi » (je vous tiendrai informé).

Divenor

menteur, du Fl..

Dj + voyelle

voir di…

Doguette

cabillaud.

Dolf’che

diminutif d’Adolphe.

Donner

les Dunkerquois ont deux manières de donner ==== « donner pou’ toujours » (don- ner), et « donner à prêter » (prêter).

Dorent (ils)

ils dorment, Frd / « j’ai le pied qui dort » (j’ai le pied engourdi).

Double mousse

adolescent qui se croit adulte.

D’où’ce

« D’où’ c’ que tu sors ? » (d’où sors-tu ?).

D’ou d’es-ce que tu vas

où vas-tu ?

Doum’pe

« I’ voit pas une doum’pe ». (il ne voit rien).

Doune

fou, du Fl dom ==== idiot

Drache

forte pluie d’orage.

Dracle (Dragle)

cerf volant, « Il est épais comme un drade » synonyme ==== « Il est maigre comme un fil à voile », du Fl draek : cerf volant

Dretche

diminutif d’André.

Dreulle

de mauvaise qualité, du Fl drol ==== fil ou étoffe grossière.

Dreve

chemin de campagne, du Fl dreef. Driver ==== vadrouiller, traîner, errer ; du terme picard de marine local « driver » ==== dériver.

Droppel’tche, drop’tche

goutte (surtout d’alcool). « Viens boire un droppel’tche », du Fl dropje (petite goutte).

Droun’ck

saoul, du Fl dronk

en.

Duel (dwel)

serpillière, du Fl dwyl (torchon).

Dueler (dweller)

passer la serpillère, du Fl dwylen.

Dur la peste

très dur. « C’est dur la peste ». Synonyme « tillache’.

Ecopeaux

copeaux.

Envoille

envoi.

Escandale

scandale.

Escayé

escalier.

Esculpture

sculpture.

Espécial

spécial.

Espérer

attendre.

Estaphe

coup de froid. « Attraper son Estaphe » (étape finale de la maladie), du Fr « Epitaphe »…

Estatue

Statue.

Eunn’

un, «je nn’ai eunn“ (j’en ai un), de la prononciation flamande de l’ article indéfi- ni « een ».

Faire

avoir « Il a fait un accident »(il a eu un accident) / faire « On fait comme on a dit hein ? » (on fait comme convenu), « j’ fais pour un bien , (je fais du mieux possible), « j’ fais mon best » (je fais de mon mieux), « Fais pour ton mieux » (fais le mieux possible) / travaiIler « les kailleulopres font su’ l’ port ».

Fait

ivre, «il est fait». S’il continue à boire il va être « fait comme Mickey , ou « fait aux pattes » / « Il a quoi fait ? » Qu’est-ce qu’il a fait ?

Fatiguant modèle

casse-pieds « C’est un fatiguant modèle ».

Fatigué

un peu ivre.

Fegure

figure (visage).

Ferquenter

fréquenter, Frd.

Figueman

personnage de la bande des pêcheurs tenant une figue au bout d’un fil, du Fl (littéralement ==== homme à figue).

Finn’tche

diminutif de Joséphine.

Fire

fille, du Picard (comme en flamand l et r se remplacent souvent).

Firezop

sirop de figue. Vient de prononcia- tion flamande de figue + zop ou sop (soupe).

Fléche

niais, pas futé « C’est une flèche » / « Tirer des flèches » (ne rien faire) / « Faire flèche » (se tirer d’affaire).

Flèpes

petits morceaux de tissus ou de fil provenant d’habits usés, du Pi.

Fleup’tche

diminutif de Philippe.

Fleurt’che

diminutif de Flore.

Fonche (Fanche)

diminutif d’Alphonse.

Fort

très, « fort sale » (très sale) du Pi.

Fou comme un panier

très fou, ou fou de colère.

Fouffes

charpie, vieux vêtements, du Fl foefe (chiffon, haillon).

Fouffeter

travailler à la hâte, faire du mauvais travail, bâcler.

Frayeux

cher, du Pi.

Fremer

fermer, Frd.

Frèr’ d’ la côte (un)

un gars du pays.

Frêt’

filles. « Y’a du frêt dans cette boîte » (Il y a des filles dans cette boîte).

Fretche

diminutif d’Alfred.

Frotte

frottoir (balai à poils courts et durs).

Galopin

verre d’une contenance d’un huitième de litre « un galopin de bière ».

Gendarme

hareng saur sans tête, ouvert et fendu en deux, du Fr (ainsi désignés parce que les gendarmes vont toujours par deux).

Glindre

patinoire, casse-gueule, du Fl glinder.

Glissebon’tche

dérapage, glissade, du Fl glysbaen sous sa forme diminutive.

Gôt’che

canalisation carrée qui aboutissait dans le fil d’eau avant que les maisons aient le tout à l’égout, du Fl goot (gouttière) sous sa forme diminutive.

Gode

poisson ressemblant à un petit merlan, du Pi, s’emploie également en Normandie. « Des yeux de gode » (des yeux sans expression, des yeux de merlan frit).

God Verdomme

Dieu me damne !

God Vordeck

Dieu me damne !

Goûter bon

avoir bon goût « ça goûte bon ».

Gouzegousse

lichen, tabac de singe.

Gramat’ses (faire des)

faire des manières.

Grenade (guernade)

crevette grise, du Fl garnael ou garnaer.

Grenadier

bateau de pêche à la crevette.

Grignotant

clignotant, Frd.

Groumer

rouspéter, du Fl grommen (gro- gner).

Groumeur

rouspéteur, jamais content.

Grotche

grand-mère, du Nl grootje (n’existe pas en flamand).

Guche

diminutif d’Auguste.

Guernoulle

grenouille, du Pi.

Guipres

petites baies qui poussent sur les épineux dans les dunes.

Harengs kake

(harengs de kake) harengs caqués (en baril), du Fl kaeken (encaquer).

Hareng pek

« roll-mops », harengs confits dans le vinaigre, du Fl pek qui signifie à la fois poix et vinaigre. Voir « pekelhaering ».

Harteclope

mal au coeur, du Fl harteklop ou herteklop (battement de coeur).

Hayures

haies, du Pi.

Hein ça ?

N’est-ce pas ?

Henritche

diminutif de Henri.

Hope-krope

sanglot étouffé, du Fl opkrop- pen (avaler).

Houckt’che

petit coin, du Fl hoek (coin) sous sa forme diminutive.

Husse

maison, du Fl huus ou huys.

Installé

« Et bein t’es installé ! » (Tu as une drôle d’allure, te voilà propre !) / « J’ me suis fait installer » (j’ai été pris à parti, on m’a mis en boîte, j’ai été roulé) / « J’vais les installer » (je vais les remettre à leur place).

Illuminé

éliminé.

Jalap

julep, voir « Dieuloppe ».

Jatte

récipient, bol, verre, pot, « tu viens prendre une jatte », du Pi / « elle a rien comme jatte » (elle est toujours en train de parler).

Jean Bart

un enfant « fait Jean Bart » quand il lève les bras en l’air pour qu’on le lave ou qu’on l’habille.

Jeftche

diminutif de Josephe.

Jeune homme

célibataire. Un « vieux jeune homme » est donc un célibataire endurci. Flandricisme.

Jeune fille

célibataire.

Jeune de taupe

« Tu me prends pour une jeune de taupe » (tu me prends pour un naïf). Synonyme « tu me prends pour un oeuf clair ».

J’ter n’ dans

en mettre un coup / « j’ter dans la benne » (boire immodérément).

Si le mot que vous cherchez manque à la lettre K voir également à la lettre C.

Kailleupoupre

docker, du Fl kaeyepoeper (littéralement: chieur de quai).

Kailleulopre

(ou kaïelope ou kaliopre) coureur de quai, employé du port, du Fl kaeyeloper.

Kakamonoeil

muscosité d’ oeil, chassie, du Fr.

Kake

caca, du Fl kak « On fait kake » / sale: « Tes pieds i’ sont kakes ».

Kake

baril (voir harengs de kake), du Fl kaeken ==== mettre en baril.

Kakerneche

voir kinkerneche.

Kakesteck

joue de morue, du Fl kaek (joue) + stik (morceau).

Kakestrounte

excrément, du Fl kak (caca) + stront (merde).

Kal

chauve, du Fl kael.

Kalebuck

flic, du Fl, littéralement « ventre chauve ».

Kapmess

couperet, du Fl kapmes.

Kapre

capre, corsaire, du Fl kaper pirate, puis corsaire.

Kat(rol)

chat (matou), du Fl kat (chat) et katrol (matou).

Katebeille

mûres, synonyme « catheri- nette », du Fl (litt. baies à chats).

Katebrake

vomis de chat, du Fl kattebrak

Katepouch

poussière, mouton, « minou », du Fl kattepoes.

Katevlées

viande à chat, du FI kattevlees.

Kein’tche, keintje

menton, du Fl kin sous sa forme diminutive .

Kèleptet’che

littéralement le trou de la gorge. On l’emploie dans l’expression : « j’ ai froid à mqn kèlet’che , (j’ai froid au cou), du Fl keel (gosier) et pit (puits, trou), sous forme diminutiv .

Kêlebet’che

langue de morue, du Fl keele- beetje (petits morceaux de gorge).

Kelt’che

gorge, du Fl keeltje (diminutif de Keel voir ci-dessus). « J’ai un put’ van me kelt’che » (J’ai un crapaud dans la gorge).

Kenn’çon

caleçon. « des m’tits kenn’çons » (des caleçons courts), « des kenn’çons à longues manches » (des caleçons longs).

Kèreminck

lait battu, du Fl keremelk.

Kermestour

carrousel, manège, du Fl ker- mestoer.

Kerse

bougie, chandelle, du Fl keers.

Keuche

coussin, du Fl kussen.

Keune

lapin, s’emploie en Fl régional.

Keune boc (Keunebeuke)

lapin mâle, du Fl keune (lapin) et bok (bouc et mâle par extension).

Keunekot'(che)

clapier, du Fl keunekot

Keunn’tche

petit lapin, « mon keunn’tche », du Fl keunje.

Keunetète

manger à lapin, salade, du Fl.

Keunestrop

collet (de braconnier), du Fl keune (lapin) et strop (noeud).

Keusse me râtt’

embrasse mon cul, du Fl kusse (ou keusse) me gat.

Keut’

timide, du Fl kut.

Kèvre

hanneton, genièvre, du Fl kever.

Kikebille

personne qui a une mauvaise vue et qui plisse les paupières pour voir, myope, du Fl kykby (regarde près: myope).

Kinche

chandelle, veilleuse, flamme de bougie.

Kinkerneche

dernier d’une nichée, petit dernier, s’emploie en Fl.

Kint’che

petit enfant, du Fl kindje, diminutif de kind (enfant).

Kiosque

cabine de plage.

Klène

petit, du Fl kleyn.

Klène pint’che

une petite pinte, du Fl kleyn pintje.

Klènepit’ che

petit enfant

Klène Syn’the Pleute

habitant de Petite- Synthe.

Klinquebelle

clochette que l’on employait autrefois à la Saint-Martin, cloche, du Fl klinkekelle (clochette).

Klinquer

briller. veut dire également annon- cer. Le « clinqueur » était l’annonceur public qui frappait sur la klinquebelle, du Fl klinken.

Kliper

hareng fumé, du Fl klipper.

Klokeludre

sacristain, du Fl klok (cloche) et luyder (joueur).

Klokespel

carillon, du Fl klokespeel.

Klopt’che

gerçure, du Fl klopje/mégot, de l’argot clop.

Klope des pieds

qui traîne les pieds.

Klottebreck

casse-couille, du Fl kloten- breker.

Klouffes

sabots, du Fl kloefen.

Klouffeneils

clous à sabots, du Fl kloefena- gels.

Knorepot

grincheux, du Fl knorren ==== bou- gonner et pot ==== pot, littéralement « pot ronchonneur ».

Knuche

talon (de jambon).

Koïlle

agent de police (méprisant), du Fl koe (vache), synonyme « kalebuck ».

Koppeyor

tête de loup (balai). Par extension quelqu’un qui a les cheveux ébouriffés.

Kopt’che

tête, du Fl kop (tête sous sa forme diminutive).

Kopt’che raze

tête rasée (avec les cheveux coupés à ras).

Kosenoud’

chapeau melon, du Fl kaesen- hoed (littéralement chapeau de fromage, ironique).

Kot

pièce, salle, du Fl kot, la plupart du temps employé sous sa forme diminutive.

Kot’che

petite pièce, remise, cabane. La plupart des maisons dunkerquoises possè- dent un cot’che qui souvent possède lui- même un cot’che… / Par extension violon (prison), du Fl kot sous forme diminutive.

Koôt’che

voir coôt’che.

Koud

froid, « t’es’ koud » (Il fait froid), du Fl.

Koudevlees

viande froide, du Nl koud + vlees (viande) en Fl ==== koud vlesch.

Koukelour

sexe féminin, du Fl koekeloeren (roucouler ou fainéanter), (même pronon- ciation).

Koukemepre

cuisinier.

Koulebak

bac à charbon, du Fl kol : charbon + bak ==== cuve.

Koye

voir koïlle.

Krampeut’

à l’origine orgue de Barbarie, par extension, tourne-disque, bastringue.

Kramt’che

petit étal de marchand forain, du Fl kraem (tente pour forain) sous sa forme diminutive.

Kreule

boucle de cheveux, cran, du Fl kreule.

Kreulebolle

tête bouclée, frisée, du Fl kreullebol.

Kreulekoptche

tête frisée, du Fl kreulekop (tête bouclée) sous sa forme diminutive.

Kreupelaere

boiteux, du Fl kreupelaer.

Krop

voir crop.

Krop’tche

voir « crop’tche ».

Kuespe ou kuespl’

pompon, du Fl kwispel.

Lampion

lampe.

Langue

« Tiens ta langue au chaud » (tu ferais mieux de te taire).

Lankrok

manteau, du Fl lang rok (longue robe).

Lapeteute

lent, mou.

Lapt’che

pièce de raccomodage, morceau de tissu, du Fl lapje.

Lard

porc, « un bisteck de lard » (une escalope de porc).

Lée

couloir, allée.

Leuche

(dans ==== avoir un…) faire une touche, avoir le béguin, avoir envie.

Leughenaer (tour du)

tour du menteur, du Fl leugenaere.

Leukebonne

chanceux, veinard, racine fla- mande lukken (réussir).

Leule ou leuleman ou leulebrouck

attardé, traînard, du FI lullen ou leullen traîner + man (homme) ou broek (culotte).

Leulecouste

trainard.

Leuleficage

action de compliquer les choses, « faire des leuleficages ».

Leuler

traîner, parler pour ne rien dire, radoter, du Fl lullen ou leullen (traîner).

Lire le mal en bas

réciter une prière pour obtenir une guérison. « Le guérisseur lit le mal en bas », flandricisme, traduction litté- rale de « af-lezen » (lire en bas).

Leut’che

plaisir « On a eu bien du leut’che , (on s’est bien amusé), du Fl leutje diminutif de leute. « Me leute, me leute » (Qu’est-ce qu’on s’amuse).

Lévier (un)

évier.

Live’tche

diminutif d’amour, « mon li- ve’tche » mon amoureux, du Fl.

Lokeskôt (faire un)

faire l’amour (litt. tirer un coup), du Fl los een schot (tirer un coup).

Loque

« avoir sa loque » (être ivre), du Français ==== on a la parole embarrassée comme si on avait une loque dans la bouche. Forme accentuée ==== « avoir une loque à son cul » / « Elle a ses loques » (elle a ses règles) / « I’ tremble dans ses loques » (il a peur).

Loquetête

à l’origine il s’agissait d’une sorte de tétine faite d’un morceau de toile dans laquelle on mettait du pain. On donnait cela à sucer aux enfants pour tromper leur faim. Par extension ==== quelqu’un d’un peu bêbête. « Espèce de grand loquetête » du Fl lokke- tetje.

Lot (un beau m’tit)

une belle fille.

Louise’ke

diminutif de Louise.

Loupe

lèvre, moue, du Fl régional.

Luche

diminutif de Lucien.

Ludres

langes.

Madamt’che

petite dame, du Français em- ployé sous une forme diminutive flamande.

Magazeunn’

magasin, du Fl.

Maine

diminutif de Germaine.

Mait’che

diminutif d’Aimé.

Maisonn’

maison.

Makriau (maquériau)

maquereau.

Maleumoquepotte

maladroit

Mamiote (badioque)

crotte roulée dans une loque.

Matante

tante. « Ma matante » (ma tante).

Marbre

bille.

Marit’che, Marike

diminutif de Marie du Fl Madje et Madeke.

Masque (Masquelour)

masque, personne masquée, suffixe Fl -laer.

Mat’

lourd (temps) « Il fait mat’ » / Fatigué « Je suis mat’ ».

Mât’che

ami, du Fl maatje (petit ami). « I’ fait mât’che avec toi » (Il se met bien avec toi, il te flatte).

Matroze

marin, du Fl matroze.

Mauve

dans un état d’ivresse avancée, synonyme « bleu marine ».

Me leute… me leute

à mourir de rire ! Qu’est-ce qu’on s’amuse !

Menheer

monsieur, du Fl.

Menheer pâstre

monsieur le curé, du Fl menheer pastoor.

Meille

mère.

Meï’che

demoiselle, du Fl meisje ==== jeune fille.

Menne

garde-couche, grand-mère, du Fl minne ==== grand-mère.

Mespleck (Menspleck)

décharge publique, tas d’ordures, du Fl maeschpleck (emplace- ment du fumier).

Mettez-vous

asseyez-vous.

Meuche

bonnet, du Fl mutse.

Meuchke

oiseau, moineau, du Fl mussche (sous forme diminutive, suffixe « ke »). « I va à la chasse pou’ tirer après les meuchkes ».

Meule

miette, petite monnaie. « Laisse cou- rir c’est du meule » (ce n’est rien) du Fl meul (poussière).

Meule de coucke

gâteau cassé. Précédent et koek (gâteau en flamand) mais avec une construction française.

Meutse

bonnet. Même racine que « meuche ». A Dunkerque, meutse ne s’em- ploie que dans l’ expression « I’ a quet’ chose sous l’ meutse » (Il y a anguille sous roche : littéralement il y a quelque chose sous le bonnet).

Miches

plaisanteries, agaceries. « I’ lui fait des miches » (Il l’embête).

Minck

criée au poisson. « Il a un coup dans ‘l minck » (il est saoul).

Mincker

participer à la criée.

Minckeur

celui qui mincke.

Mire

fourmi, du Fl mier.

Mirepiche

tout petit. Par moquerie une personne qui appartenait au parti M.R.P. ; vient du Fl mier. fourmi + piche (voir ce mot).

Misère

lassitude, contrariété. S’emploie dans les expressions « Partir de misère » (partir tellement on en a assez de quelque chose).

Mitche

diminutif de Michèle (et de Ma- ritche).

Mite

diminutif de Marike, du Fl Miete (même prononciation).

Mitchemouille

mêle-tout

Mitemouille

mêle-tout

Miteparlote

bavarde, du Fl mite (femme irrascible) et du Fr parlote.

M’nancle ou m’noncle

mon oncle.

Modèle

voir « casin modèle », « chagrin modèle », « fatigant modèle ».

Mollefigue

individu mou.

Mollepôte

jambe atrophiée, du Fl (signifie patte de taupe ==== desséchée, elle servait de porte bonheur).

Molleyounes

littéralement des « jeunes de taupe », du Fl mole (taupe) et jong (jeune). « I’ tombe des molleyounes » (il pleut des gouttes grosses comme des pièces cent sous).

Mononcle

oncle « Mon mononcle ».

Moone

diminutif de Raymond.

Moontche

diminutif de Simone, Monique et Raymonde.

Moque (une)

grande tasse, quart

Morsive

ivre mort

Mou

fatigué, du Fl moe.

Moudr’

maman « Tiens, v’là moudr », du Fl moeder.

Moule

sexe féminin. « Va laver ta moule à l’estacade ».

Mousse

apprenti. « Un double mousse » (adolescent qui se prend pour un adulte).

Mostord’

moutarde.

M’tit

petit

M’tit oeil

cuite, « il a un m’tit œil ».

M’tit nom

prénom.

Muche

souris, mulot, du Fl muus.

Mucher

cacher, du Pi.

Mule

figure (gueule), du Fl mule.

Mulebat’che

cache col, cagoule. (littérale- ment gilet pour figure).

Mulecoun’te

tête de lard (lit gueule de con), du Fl mulekonte.

Mulestop

tablette à café, caramel. A l’ od- gine il s’agissait d’ un gros carameI qui collait aux dents et qui empêchait les enfants de pleurer ou de parler d’ où le nom qui veut dire « arrête-gueule », du Fl mulestopper.

Musette

cuite, « il a sa musette ».

Nachecruche

voir nèchecrusse.

Nain

nèche (voir ce mot), « bande de grands nains ».

Nant’chepeck

roquet, bagarreur, du Fl ‘n jantjepek: le diable.

Nat’che

trempé, mouillé, du Fl nat sous forme diminutive.

N’avoir

« l’ n’ n’a » (il y en a), synonyme « l’ n’en n’a ».

N’axieux

pointilleux, minutieux, difficile.

Nèche

diminutif d’ Ernest. Désigne égale- ment une personne peu vive ==== « il conduit comme un nèche », « c’est un vrai nèche ».

Nèchecrusse

croix de cendres. On dit également achecrusse et nèchecruche. Il s’agit bien sûr de la croix de cendres que l’on applique sur le front des fidèles le mercredi des cendres pour rappeler qu’ils ne sont que poussière. Contraction du Fl ‘n asche kruus.

Nècheprout’

demeuré (forme péjorative de « nèche »).

Neck

cou, du Fl nek.

Neckestek

cou de morue, du Fl (littérale- ment morceau de cou).

Nèt’che

diminutif de René(e).

Neuche

nez du Fl neusje (diminutif de neuze ==== nez).

Neuche-neuche

les amoureux « font neuche-neuche » quand iIs se frottent le nez l’ un contre l’ autre.

Neut’che

noyau. « Aller au neutche » veut dire faire l’amour (très imagé), du Fl neutje (petite noix).

Neuze

nez, du Fl neuze.

Neuzenhouck

mouchoir, du Fl neusdoek (mouchoir).

N’dans

dedans. « Ici n’dans ».

Niche

diminutif de Denise.

Nirt’che

rognon, tout petit, du Fl niertje (rognon, diminutif de reins).

Nop’tche

« on reste su’ l’ nop’tche » quand on est oublié, qu’ on reste à l’ écart ou qu’ on reste vieille fille, du Fl ‘n hoptje.

Nouckt’ che

voir houckt’ che.

Nougat

« Il est dans l’nougat » (il est saoul). Synonyme « etre dans l’ thé ».

Nouneslâpt’che

sieste, café du pauvre, du Fl noen (midi) et slap (sommeil) sous forme diminutive.

Nounn’tche

petit enfant, gode (poisson ressemblant à un petit merlan) « mon nounn’tche » (ma cocotte).

Noureboy

maillot de corps.

Occupé

en train de « je suis occupé de l’faire » (je suis en train de le faire).

Oeil

permet de juger l’état d’ébriété d’un buveur. Il a d’abord « un m’tit oeil » puis carément « un oeil dans l’ rata ».

Oeuf clair

« Tu me prends pour un oeuf clair ? » (tu me prends pour un imbécile ?).

Oiseau pou’ l’ chat

personne quin’a pas de santé. « C’est un oiseau pou’ l’ chat ».

Opeblose

qui étouffe d’avoir trop mangé, du Fl côtier (gonflé).

Oppre

se dit au jeu de bouchon quand on abat le bouchon sans ramasser les mises « On Jait des oppres » du Fl opper ==== dessus.

Orebeze ou Norebeze

perce oreille, du Fl.

Oredeule

voir ouredeule.

Ormoire

armoire, Frd.

Osterore

cor au pied, oeil de perdrix, du Fl aester (pie) et oog (oeil), donc littéralement : oeil de pie.

Ouchouchouche

exclamation équivalente à « aïe-aïe-aïe » ou expression de frayeur amusée. Onomatopée employée en Flandre.

Ouchetout

avantage accordé aujeu de bille.

Oueille

oui.

Oupetata

s’ emploie dans l’ expression « Il fait oupetata » pour désigner quelqu’un qui saute sur place.

Ouredeule

hors de soi, fou de colère.

Oute

rassasié. «Je suis oute ». Synonyme : « Je veux pu’ di’ pape ».

Outepoupe

épuisé de faire l’amour. Hors d’état de faire l’ amour.

Outre de colère

très en colère.

Outre de fatigue

très fatigué.

Pack’tche

paquet (par extension ==== valise), du Fl pakje (petit paquet). « Faire son pack’tche », parfir, « ovoir son pak’tche » être mis à la porte (renvoyé).

Paré à virer

gifle « Si tu continue tu vas prendre un paré à virer ».

Pain de bleckt’che (pain bleckt’che)

pain cuit dans un moule (en fer), pain de mie, voir bleck.

Pale

batte servant au jeu de balle. Par extension, main, claque. « Tu vas prendre un pale à travers ta gueule » (tu vas prendre ma main sur la figure) du Fl.

Paleule

sonnette, grosse cloche ; qui pend ; sexe masculin, existe en Fl.

Panne

tuile, du Fl panne.

Pannecoucke (pannekoucke)

grosse crêpe, Fl pannekoek (même prononciation).

Pape (papt’che)

bouillie, colle, purée. Par extension, maquillage outré / « I’ peut pu dire pape » (il a trop mangé, synonyme « Il est oute », du Fl pap).

Papedouk

« Il a son coeû’ en papedouk » (Il est très fatigué), littéralement ==== pâte de farine.

Papegay

oiseau du tir à la perche, du Fl papegaey (perroquet).

Pap’tart’che

tarte au flan.

Partir

se mettre à ==== « I’ part à rire ou à pleurer pou’ un rien » / jouir . « Ti’ ton doigt mon coeu’ i’ paâ ».

Pastrelle

passerelle, Pi.

Pat’che

diminutif de Patricia.

Peck

vinaigre, saumure, « des harengs peck » sont des harengs confits dans le vinaigre, du Fl pekel (vinaigre, saumure) / poix, « T’es noir comme peck » (tu es noir comme de la poix). Synonyme « T’es noir comme croïe », du Fl pek (poix).

Peckedoun’cre

noir comme de l’encre. « ll fait noir comme peckedoun’cre ».

Peckel horing

hareng au vinaigre, du Fl pekelhaering. Synonyme « hareng peck ».

Peckdose

quelqu’un qui tarde à s’en aller (pot de colle). A l’origine, désigne la boîte à poisser des cordonniers.

Peille

père.

Pekedemelle

méli-mélo, pot pourri.

Pekebroucke

personne collante, pillier de bistrot. Ce terme qui vient du Fl pek (poix) et broek (pantalon) veut donc faire allusion à quelqu’ un dont le pantalon colle à sa chaise comme si son fond était plein de poix.

Pénelécre

rond de cuir, employé de bureau, du Fl penlikker (lèche plume).

==== Pepreneuze ==== poivrot, du Fl peper neuze (nez à poivre).

Peprezoute

poivre et sel, du Fl peper en zout.

Péret’che

mouillette (pour oeuf à la coque).

Pessebrouck (ou pissebrouck)

qui pisse dans sa culotte, du Fl pisbroek.

Pessekot'(che)

toilettes, WC, du Fl piskot.

Pesspot ou pisspot

pot de chambre, du Fl.

Peste

voir les expressions « dur la peste » et « puer la peste ».

Pet’che

trou (jeu de billes) « Les enfants jouent au pet’che », du Fl pit (puit, cas- quette) sous forme diminutive.

Petebloze (faire des)

faire des ballons avec du chewing-gum, ampoule éclatée.

Petebrouck

trouillard (littéralement « qui pète dans son froc »). Synonyme « schite- brouck ».

Petekindt’che

filleul, du Fl petekindje.

Peteboônt’che

haricot blanc, du Fl boontje haricot + français péter.

Petites jupes

filles de joie. « La rue des p’tites jupes » (rue des casernes) était très réputée dans le Dunkerque d’avant guerre.

Peu

boisson. 5′ emploie dans l’ expression « il aime l’ peu » (il aime à boire).

Peucrer (peulcrer)

chipoter, manger sans appétit, du Fl pulkeren.

Peudre

pelote de vers pour pêcher l’anguille sans hameçon (pêche au peudre). Les anguilles restent accrochées à la pelote de vers que le pêcheur sort de l’ eau en relevant sa canne d’un mouvement sans à coups. Quand l’ anguille est hors de l’ eau, elle lâche la pelote mais tombe dans un parapluie retourné que le pêcheur a près de lui. L’emblème du cabaret artistique « Au peudre d’ Or » était d’ ailleurs un parapluie retournée.

Peule (un)

bidon de fer blanc. Par exten- sion, l’ employé de filature qui en était munie pour aller travailler. Ce mot est toujours employé au masculin, du Fl pulle (gourde).

Peule-d’aboî

gourde. Précédent + défor- mation du français à boire.

Peule meuche

bonnet

Peulquer

chipotter, traîner dans son assiette, du Fl pulkeren.

Peute

force, énergie. « c’ veintche il a du peute » (cet homme est fort ou cet homme a de l’ énergie, « il a la pêche »).

Pichebleu ou pitchebleu

« à poil ». Pitche dans tous les mots qui suivent, vient de pietje qui en Fl signifle ==== petit zizi; par ext. il désigne tous les garçons. On notera d’ ail- leurs que pitche et piche sont employés indifféremment. Ici, bleu peut venir de bauw (bleu de froid) ou bloot (nu).

Pichecontraire ou pichecontroille

contrai- rant (pour le plaisir), du Fl pietje contraerie.

Picheleule

lambin. C’était le surnom d’ un épicier de la rue des Vieux Remparts (actuel- lement rue H. Terquem), voir « leule ».

Picheloure

café repassé, café ou vin « lé- ger ». (En français, équivalent à pisse d’âne, bibine) / sexe, vient de piche ==== pisser + suffixe comique « laere » qu’on retrouve dans « masqueloure ».

Pitchepeck

fossoyeur, du Fl dialectal, où ce mot signifie « le diable ».

Picheploïe

fatigué (petit zizi qui plie ==== mou comme une verge après l’amour), du Fl.

Pichebutorg

qui aime la Tuborg (il y a évidemment les pichestella, etc.).

Pifre

hermaphrodite. Beaucoup étaient ori- ginaires de Fort-Mardyck et cette tare était dûe aux mariages consanguins (voir la chanson « L’orphéon des Mardyckoises »).

Pilluler

pulluler, Frd.

Pikeneuche

bordel.

Pik’ches

réflexions blessantes « Il est tou- jours en train de lancer des pik’ches ».

Pinn’keneuze

qui a un grand nez ou un nez crochu.

Pinn’payout’che

coccinelle.

Pinte, pin’te, pin’tche

un demi de bière (à l’origine c’ était réellement une pinte de 0 l 45 ; le « demi » est une demi-pinte), une « dèke pin’te » (une grande pinte).

Pinte de docker

une bière dans laquelle on verse un « kèvre ».

Pipre

fifre, Frd.

Pipreule

chôleur.

Pique

faux à manche court autrefois utilisé dans la région pour la moisson ==== « moisson- ner à la pique ».

Piqueneuche

bordel.

Piqueur

coureur de jupon / moissonneur « à la pique ».

Pirate

pingre, avare.

Piquenose

croupion (d’une volaille).

Pire

diminutif de Pierre.

Pisse

on emploie l’ expression « aller faire pisse » (aller uriner).

Pisse pot’

urinoir du Fl pis pot

Pistache

cacahuète. Synonyme « ca- dache » / cuite ==== « prendre une pistache » (prendre une cuite).

Pit’che

diminutif de Pitt, même emploi familier.

Pitt

diminutif de Pierre. C’est également une formule d’interpellation familière . « Eh Pitt, viens une fois voir ! ».

Pitre

diminutif de pierre.

PIaque-mule

gifle, du Fl mule + plaque.

Plât’che

plie (poisson plat) / sexe féminin.

Pleudre

qui prend.

Pleuker

voir peulquer.

Plumt’che

volant (jeu) / plumeau, du Fl pluumtje.

PIus pire

pire « C’est encore plus pire », s’ emploie en Pi.

Pôcre

tisonnier, du Fl poker.

Podingue

pâtisserie, pudding. « Quel podin- gue » (quelle affaire embrouillée), « il a les yeux dans l’ podingue » (il est mal réveillé).

Popecholée

putain, du Fl poepen (faire l’amour) et chôler (voir ce mot).

Popt’che

poupée, pansement à un doigt

Porot

poirot, du Pi.

Pot’che

pot, du Fl potje. « Faire un pot’che » (faire une cagnotte).

Potche café

tasse de café, du Fl potje cafie.

Potcherolle

saoul, ivre, du Fl potje (petit pot) et rollen (rouler).

Potchevlèche

mélange de viandes en mor- ceaux (lapin, poulet, veau, lard) cuites à la gelée dans un pot (spécialité flamande), du Fl potje (petit pot) et vleesch (viande).

Potebêse

balayette à WC, au sens propre : balais à pot (voir pot’che et bêse).

Potecarie

batterie de cuisine, potiche.

Pouche

« Va jouer avec pouche » (laisse- moi tranquille).

Pouchemacre

faiseur d’histoires, du Fl poetsenmaker.

Poulice

police, Frd.

Pouline

Pauliner Frd.

Pourite

pourrie « Ces pommes al sont pourrites » (ces pommes sont pourries), du Pi.

Poun’cre

économies, trésor, du Fl poenk (somme d’argent).

Poupestrote ou poupestrât

rue de la joie, rue des petites jupes, du Fl poepen (faire l’amour) et straet (rue).

Précoce

celui qui prend des précautions.

Prèk

règles, « elle a l’ prèk » (elle a ses règles).

Prêter

« tu peux ll’avoir a prêter » (je te le Prête), « tu me l’ donne a prêter ? » (tu me le prêtes ?).

Preulewerk

voir vulwerk.

Preute (preuteloure)

derrière (cul), du Nl prut (sexe féminin).

Preutelap’tche

serviette hygiénique, du pré- cédent + Fl lapje (petit morceau de tissus).

Priau

préau, du Pi.

Profécias

santé, félicitations l du Fl proficiat (mot latin).

Professeuse

professeur au féminin.

Propt’che

boule de colorant bleu qu’ on employait pour que le linge paraisse plus blanc (azurant optique), du Fl prop (boule, boulette).

==== Prout’: pet du Fr familier / proue « figû’ de prout’».

Prouveut’che

échantillon, comme le petit morceau de beurre que fait goûter la fermière au marché, du Fl proevertje.

Puer la peste

sentir très mauvais.

Puruler

pulluler, Frd.

Put’

puits, grenouille, du Fl puut « J’ai un put’van n me kel’tche » (j’ai un crapaud dans la gorge).

Put’che

diminutif du précédent, s’emploie dans la forme familière « mon put’che » ma petite grenouille du Fl puutje (forme dimi- nutive).

Putent (i)

ils puent « tous les femmes i’ putent » dit la chanson.

Quand’ess’

« Quand’ess’ que vous ven’rez » (quand viendrez-vous ?)

Quatr’heure

goûter « Il lui a mis la main sû l’ quatr’ heure » (ll lui a mis la main au panier).

Quêt’ chose

quelque chose, « ça, c’est quet’ chose ».

Queue de morue

la queue de morue séchée est salée et donne doif. Celui qui « a été baptisé avec une queue de morue » a toujours soif (c’est un ivrogne).

Quinze côtes (grand)

homme très grand (comme s’il avait quinze côtes).

Rabe’tche

déchet de viande.

Rak (rester en)

rester en panne (peut provenir de la déformation de « en rade »).

Rame d’escalier

rampe d’escalier, Frd.

Ramolat

radis noir.

Rassercir

repriser les chaussettes du Pi rassercir ou rassarcir.

Rata aveugle

ragout sans viande.

Rat’che

rat, souris, du Fl ratje (petit rat).

Ratekeute

fin de lot, rossignol.

Ratepatate

homme fruste, (vient d’une variété de pommes de terre très cultivées en Belgique donc par extension signifie Belge).

Rester

habiter, du Pi.

Reupe

rot, renvoi, du Fl rup.

Reute (être a la)

être sans le sou.

Reuze

nom du principal géant de Dunker- que, du Fl Reuze « Il est grand comme Reuze » (être très grand). «Il est fou à danser d’vant le Reuze ». Synonyme « Bête a danser d’uant l’ tram ».

==== Rider’: un sacré numéro, un loustic « c’ est un vilain rider’ », du Fl ryder.

Rien

très, extrêmement. « T’es rien beau ! » (tu es drôlement beau ! qu’ est-ce que tu es beau !).

Rimer

geler à blanc. « Il a rimé ce matin ».

Rimp’che

plat de côte, poitrine (de porc, Bœuf) du Fl riempje (morceau de viande).

Rinche

restant (de bouteille), fin de lot

Ript’che – rapt’che

petit monde (méprisant) « C’est tout du ript’che-rapt’che » (Ce sont des gens de rien).

Ristepap’

gâteau de riz, du Fl rystepap (bouillie de riz).

Ristetart

gâteau de riz, du Fl rystetaert (tarte au riz)

Rollewaere (rollewart’che)

youpala, du Fl rollewagen.

Rosatche

diminutif de Rose, Rosa.

Rosbif

anglais « Les rosbifs » (Les Anglais) De l’anglais roast-beef. rôti de boeuf.

Rotecreusse

croix rouge, du Fl roodkruus.

Roun’quer

ronfler, marmoner, maugréer, du Fl ronken.

Roulette ou ruellette

ruelle, allée de jardin.

Rue des P’tites Jupes

rue des Lupanars (avant la guerre aux environs de la Place Calone).

Rue de la Soif

rue de l’ Amiral-Ronarch, ainsi dénommée à cause de la quantité de débits de boisson qui y étaient situés.

Sac

« Il a eu son sac » (il a été congédié). Synonyme « pack’khe ».

Saint Gilles

ancienne rue de Dunkerque qui décrivait une grande courbe (voir la chan- son « Les commères de la rue d’ Saint Gilles »). « Droit comme la rue d’ Saint Gilles » (tordu).

Saisir

avoir peur « Il m’a fait saisir » (il m’a fait peur).

Salade de blé

mâche.

Sanger

changer, du Frd.

Saoul criminel

très ivre.

S’assire

s’assoir, du Pi.

Saule pleureur

personne qui passe son temps à se plaindre. Synonyme « chagrin ».

Schaille

voyou.

Scaillepôte

hanneton, pieds de cochons cuits, du Fl schaljepaet

Scapnet’che

épuisette, du Fl schepnetje.

Scat’che

feinté, trompé, roulé, qui a perdu. « J’ai été scât’che » du Fl schaep zyn.

Schapre

mouton, du Fl schaep ( + terminai- son dunkerquoise er: re).

Scheuleboôntche

hancot à écosser, du Fl scheuleboontje.

Scheuteldoucke

lavette, du Fl.

Schirloute

cafe très léger (avec beaucoup de chicorée). Souvent employé dans le sens péjoratif « C’ est d’ la chirloute ». Syno- nyme ==== « C’est du picheloure ».

Schitebrouck

peureux, du Fl schytebroek (littéralement « qui fait dans son pantalon »).

Schiter

déféquer, du Fl schyten + suffixe français « -er ».

Schiterie

diarrhée, du Fl schetery.

Schit’papir

papier hygiénique, du Fl schyt- papier.

Schitestock

racine de chicorée, du Fl (lit. bâton à chier à cause de ses vertus dépuratives).

Schitore

qui louche, du Fl schyten (chier) + oog (oeil) ==== littéralement « qui a des yeux de merde ».

Schitre

moins que rien (lit. une merde), du Fl schyt (merde) + terminaison dunker- quoise -er = re.

Schkaffre

jeu d’agathe.

Schkédre

câlin. « I’ sont parti fai’ des schèdres derriè’ les hayures ».

Schkète

pet. « T’es pâle comme un Schkète » (tu es blanc comme un mort), du Fl scheete.

Schkimpre

petite mesure dont se sert l’épicier pour les bonbons, la farine, etc…

Schkire

envie passagère.

Schkitre

avare.

Schkume

écume, mousse, du Fl schuum. Schlamm ==== poussière de charbon, existe en Fl.

Schloc

gorgée. « On boit un schloc en bas », du Fl slok.

Schmetlap

fronde, du Fl smitlap (de smit- ten ==== jeter, et lap ==== le morceau de cuir qui tient le caillou).

Schnel

tourné, blet

Schnik

alcool, « du schnik ».

Schniker

boire de l’ alcool (du précédent).

Scholeschite

maladie diplomatique, (littéra- lement diarrhée d’école) du Fl schoolschitt.

Schoreslip

rémoUleur, du Fl schaeresIip.

Séiau

seau, du Pi.

Sel de riz

céleri.

Seute

seau.

S’étoquer

s’étrangler, du Pi.

Sime

diminutif de Maxime.

Skavelingue

copeaux (de bois), du Fl schaveling.

Servir

aller en pélerinage.

Skôll ou schôle

école, du Fl school.

Slâp

« Il va à slap’ (il va dormir) » du Fl slaep.

Slap’tche

petit somme « On va faire un slâp’khe » ou « On va à slâpt’che » du Fl slaep (sommeil) sous sa forme diminutive.

Slâpklet’che

pyjama, chemise de nuit, du Fl slaepkleedje (littéralement ==== habit de som- meil)

Slâpmeuche

bonnet de nuit, du Fl slaep- mutse.

Slèbre

ânerie, bêtise. « l’ font des slèbres ».

Slècre ou slèke

escargot, du Fl slekke.

Sleutre

clé de porte, du Fl slooter.

Sleutseu ou sleut’

pas dans son assiette, fatigué.

Sleuvre

négligé, souillon « un grand sleuvre », du Fl sleuveren (traîner).

Slim’

traînée de bave d’ escargot / blanc d’oeuf mal cuit, du Fl slym.

Sloffres

pantoufles, du Fl solf.

Sloffrer

se dit de chaussures trop grandes ou avachies.

Smèker

manger avec bruit

Smeule

bon repas, du Fl smeulen ==== festoyer, banquetter.

Smeuse

sans consistance, baveuse.

Smout’

saindoux, du Fl smout (graisse).

Smoutebolle

beignet, du Fl smout (graisse) et bolle (boule) donc boule cuite dans la graisse.

Smoutekeint’ che

frottement du menton entre le pouce et l’index (pour réprimander par exemple), du Fl smout et kintje (petit menton).

Snack

coup, secousse, du Fl snak.

Snacker

donner des coups, du Fl snakken (frapper avec un bruit aigu).

Snêkre (snêke)

hoquet, du Fl snek (ho- quet).

Snéeboônt’che

haricot fin, du Fl sny- boontjes (haricots verts).

Snoupre

confiserie, du Fl snoeper (friand, gourmand).

Snouprer

manger des sucreries, du Fl snoepen (manger des friandises).

Snoupremeule

amateur de gâteaux, bec sucré, du précédent + Fl mule (gueule).

Snoupreraere

qui se bourre de sucrerie, du Fl snoeperaere.

Snôtt’

morve, débris, du Fl snot

Snôtecalle

crachat, du Fl snottekale.

Snôtelap’che

mouchoir (litt. tissu à morves).

Snufftche

prise (de tabac), du Fl snuuf.

Snuferaere

priseur, du Fl snuverare.

Snustrer

fouiller partout fouiner, du Fl snuusteren.

Snustreraere

fouiner, du Fl snuustretaer.

Sole beutée

limande-sole.

Spéculât’che

spéculoos (gâteaux secs fla- mands), du Fl specultatje.

Sontent (ils)

ils sont

Souillé

sali.

Spèk

bonbon.

Speuteu

jet de salives, postillon, éclabous- sure, du Fl speute (jet).

Speuter

postillonner.

Spirint

échine de porc, du Fl spirint « Une cotelette de spirint » qui, déformée, devient « une cotelette d’aspirine »…

Sprat

petit poisson de la taille d’ une sardine qui se mange salé et fumé « Epais comme un sprat » (maigre), en Fl sprot

Sprèble

étoumeau. A Mardyck, on dit sprève, du Fl spreeuw.

Sprit’chepap’

bouillie épaisse, du Fl spritje pape.

Sprit’

baguette.

Sprutche

chou de Bruxelles, du Fl spruut’ je.

Spurebakt’che

crachoir, du Fl spuugbakje.

Stampre

pilon, presse purée, coup de tampon sur un papier, du Fl Stamper.

Stan’tche

diminutif de Gaston.

Station

gare, du Fl station.

Stèkebeille

groseille à maquereau / sexe d’homme « il a le stèkebeille turbulent » (c’est un coureur de jupons) synonyme « c’est un piqueur ». Existe en Fl.

Stel’tche

diminutif d’ Estelle.

Stelle

salé, rance.

Stevezaere

vermifuge.

Stek’che

petit morceau, du Fl stikje.

Stinker

puer, du Fl stinken « ça stinke van de peste » (ça pue horriblement).

Stinzane

poudre de brique pour nettoyer les couteaux, du Fl steenzand (sable de pierre).

Stok’ che

bâton du Fl stok.

Stokfisch

poisson sec (généralement morue Sèche), stockfish. « Epais comme un stockfisch » (maigrichon), du Fl stokvis : poisson (vis) séché sur des bâtons (stok).

Ston’tche

diminutif de Gaston.

Stout (un)

une bière brune. «bâti comme une bouteille de Stout, (étroit d’épaules). « Un double stout » (un bras d’honneur).

Straetepoppe

noceur, du Fl straetpoppe.

Streule

« J’ai fait un grand streule » (j’ai uriné abondammentl, du Fl streul ==== jet d’urine.

Strinn’tche

gaufre sèche que l’ on mange au nouvel an, du Fl strintje.

Strope

noeud, du Fl Strop.

Strounte

merde, du Fl Stront

Strounn’tche

diminutif du précédent, s’ em- ploie dans l’ expression familière « mon strounn’tche » (ma petite crotte).

Stuk

morceau, du Fl stick

Subtil

vif, agile, du Pi.

Sucrades

sucreries.

Sucrebec

bec sucré, bouche à sucre, du Fl Sukerbek.

Sucrebolle

dragée, du Fl sukerbolle.

Sucreboônt’che

haricot mange tout, du Fl sukerboont’je.

Sucredepeck

réglisse. Existe en Fl, vient de suker (sucre) et pek (poix), littéralement « poix sucrée ».

Sucrepap’

bouutie sucrée, du Fl suker (sucre) et pap (bouillie).

Suistre

suisse d’église, du Frd.

Suppedenat

trempé comme une soupe (de sueur ou par une averse) du Fl suupdenat

Sur

dans, on joue « sur la rue », on travaille « sur un bureau ». « Mon pè’ i’ fait su’ l’ port » / de ==== « Il a toujours envie sur une pinte ».

Swatelaere

bon vivant, du Fl swatelaere (bavard).

Swèk’tche

voir zwèk’tche.

Tablette

carré sucré et dur qui fondait lentement dans la bouche, permettant de boire le café en économisant le sucre. Par extension, bonbon. « Al’ suçait des tablettes à café ».

Tablettemant’che

vendeur de tablette ; également personnage de la bande des pêcheurs (figueman).

Taf

alcoolique « c’est un taf », synonyme « cacao ».

Taille

se dit d’un gâteau dur sous la dent.

Taillebouk

ardoise (de crédit, de bistrot). Littéralement du Fr taille et du Fl boek (livre). Système de vente à crédit pour les denrées courantes (pain, lait, etc.) livrées à domicile chaque jour. Le livreur et le client ont chacun une planchette. Le livreur superpose les deux et fait une entaille sur la tranche pour matérialiser la livraison du jour. A la fin de la semaine ou du mois on peut ainsi régler les comptes contradictoire- ment. Puis on égalise les planchettes d’un coup de couteau et on recommence. Par extension, à pris le sens « d’ardoise » au bistrot.

Taillelope

galette plate (ou bonbon très dur).

Tann’te !

ma tante !

Tap’tche

taquet de bois, cheville de bois, du Fl tap sous forme diminutive.

Tasser

tâter, du Frd.

Tav’tche

diminutif de Gustave.

T’chick

petit oiseau (onomatopée ?).

Teen’tche

diminutif d’ Antoine.

Teil

doigt de pied.

Tenir

retenir, conserver « Tu m’ tiens ma place ».

Tèt’che

sein, du Fl tetje.

Tète d’ oreiller

taie d’ oreiller, Frd.

Têttekot’

soutien gorge, du Fl ==== littéralement (cabane à seins).

Teuche

un peu de boisson, une gorgée. « Un teuche bier » (une gorgée de bière) du Fl teugsje (forme diminutive de teug : gorgée).

Teule

chariot (diable).

Tenir ensemble

« l’ tient p’u ensemble , (il est énervé).

Teutre

trompette, corne de brume, du Fl tutter.

Thé

« Il est dans l’ thé, il est saoûl ». Synonyme « Il est dans l’ nougat ».

Thé flamand

infusion de feuilles de gro- seilles séchées, on y ajoute quelquefois un peu de « zouteboum’ ».

Thé pression

une bière pression.

Tiche

diminutif de Baptiste. Du Fl Tisje.

Tillache

dur, filandreux. Synonyme « dur la peste » du Pi.

Tine

diminutif d’ Albertine.

Têtterariole

corset, soutien-gorge.

Tirlibibi

loterie à la ducasse.

Tjole

énervé, simple d’ esprit, du Fl tjole.

Tomber endormi

s’endormir.

Tomber faible

se sentir mal.

Toumatche

pourboire, gratification, du NL toemaatje.

Touffecount’che

touffe de poil qui dépasse du slip, du Fr touffe et Fl countje (sexe de femme).

Toujours jamais

absolument jamais « ll est toujours jamais là ».

Toureloure

un peu fou.

Tout

expression du jeu de bouchon. Voir chanson de camaval « On vient d’ fonder une société ».

Traille

bouche d’égout, du Fl tralie. « Il est débordé comme la traille de Sint’ Jacques Port’che » ==== voir « Les commères de la rue Saint Gilles ».

Traiter

insulter, « Maman, mon frère i’ m’ traite».

Tranquille

« J’suis bien tranquille là-d’sus » (je ne m’inquiète pas à ce sujet).

Treun’te

trainard. Existe en Fl où il signifie également poule mouillée, petite nature.

Treutelap’tche

serviette hygiénique, cravate de Jean Bart. Déformation de « preutela- p’tche », voir ce mot

Triste

« c’est un triste » (c’ est un bonnet de nuit)

Trois-six

autrefois, alcool de force telle, qu’avec trois parties de cet alcool mélan- gées à trois parties d’eau on obtenait six parties d’ eau de vie ordinaire. « Buveur de trois-six » (ivrogne).

Turt’che

diminutif d’Arthur.

Tut’che

tétine, du Fl tuut’je ==== petit bout. A rapprocher du Picard « une tutute ».

Usé deyors

usé de fatigue.

Veiller

surveiller « Pou’ pas l’ veiller j’ai du barrer la porte » (Pour ne pas le surveiller j’ai dû fermer la porte à clef).

Veint’che

mari, bonhomme. Du Fl vent (homme) sous forme diminutive.

Venir d’âge

vieillir.

Venir dans sa tête

devenir fou.

Venir tout à rien

maigrir.

Vertecline

torflcolis.

Veurenaere

pomme reinette de Furnes, du Fl (habitant de Furnes).

Vielle

vieille, du Pi.

Visschersbende

bande de pêcheurs. Du Fl Vissersbende.

Visemule

qui fait le dégouté, du Fl vis (qui fait le dégouté) + muule (gueule).

Voie

s’ emploie dans l’ expression « être mis (ou jeté} en voie » (être mis à l’ écart) et dans ==== « l’ peut p’u en voie » (il n’ en peut plus)

Voolaere

petits pains à deux têtes qui se vendent à la Saint Martin.

Vollenout’che

protège tête pour bébé, du Fl volhoedje (litt. petit chapeau à tomber).

Vonne

diminutif d’Yvonne.

Vrag

vrac « en vrag ».

Vreul

filet pour oiseaux.

Vroute

affairé. « C’est un vroute ».

Vulbak

poubelle, gai luron. « Un chien d’ vulbak » (un bâtard) du Fl vuulbak.

Vuleheule

mal coiffé.

Vulmitte

fille de mauvaise vie. Du Fl vuul (sale) + mitte (diminutif de Marguerite ou Marie : littéraire « Marie Salope »).

Vulmeuze

purée, mélange. Meuze peut provenir du Fl smeuzen (écraser).

Vulstek

mauvais morceaux, du Fl vuulsstik (même prononciation).

==== Vulwerk: mauvais travail, travail bâclé, du Fl vuul (sale) et werk (travaiI). On dit aussi « preulewerk ».

Walle-Walle-Walle

ou Walle-chiche ou Walle chiche toch et bien et bien !

Wamm’

flétan fumé, poisson sec et fumé, du Fl wam (ventre de poisson).

Wanche ou Wonche

diminutif de Jean. Synonymes « Yann’tche et Yann’ke ».

Wanne’tche

diminutif de Jeanne.

Wareut’che

zig-zag. « ll fait des wa- reut’ches » (il fait des zig-zag) du Fl warretje.

War’tche

diminutif d’Edouard.

Watergang

petit fossé de drainage, du Fl.

Wateringue

canalisation, réseau de canali- sation, du Fl.

Watjoussê (un)

anglais (un). Mot modeme, déformation de l’anglais « What d’you say ? » (Qu’est-ce que vous dites ?)

Wèche

osier, du Fl wesse.

Wiche

sexe masculin. Provient soit du Nl wicht: enfant, soit du Fl wisteren: pisser. Egalement diminutif de Louis.

Wiche pipi

de qualité médiocre, du précé- dent et du français pipi.

Wichetablier

homme qui aime faire le ménage, du précédent + mot français.

Wiche triste

homme triste (comme un bonnet de nuit) du précédent + mot français.

Wike blindé

complètement dingue.

Winn’ es dat

« Qu’ est-ce que c’ est ? »

Yann’ke

diminutif de Jean. Ce mot égale- ment utilisé en Fl et en NI a donné naissance au terme américain « Yankee » qui, à l’ori- gine, désignait les émigrés hollandais de la Nouvelle Amsterdam avant qu’ elle ne de- vienne New York.

Yann’tche

diminutif de Jean, du Fl Jantje.

Yann’tche kose

bateau hollandais qui ap- portait le fromage au port et, par extension, les Hollandais qui portaient une casquette très caractéristique (trés haute), du précé- dent + kaes (fromage).

Yes

ivre. « Il est yes », l’origine de ce terme est une moquerie des soldats anglais qui, en 14-18, étaient souvent « yes ».

Zakt’ che

sac. Synonyme « pack’tche“.

Zande

diminutif d’ Alexandre.

Zeésalaâ(t)

salade de mer, passe pierre (salicome) autrefois vendues par les Mar- dyckoises, du Fl zeesalaa.

Zelt’che

seuil, entrée, socle (d’une statue), du Fl zeltje.

Zeustre

soeur « mon zeustre » (ma soeur), du Fl zuster.

Zeunebleuche (zonebleuche)

pompier de soleil (ironique). Surnom des Hondschottois dont les pompiers étaient partis éteindre ce qu’ils croyaient être l’incendie de leur église et qui n’ était que le reflet du soleil couchant sur une vitre, du Fl zonneblusscher.

Zinse

fou.

Zopt’che

mouillette, du Flk zoptje.

Zostekeu

petite soeur.

baiser.

Zô’che

petit baiser, du Fl zotje.

Zote

fou, du Fl zotte.

Zotekot’

asile, maison de fou, hôpital psy- chiatrique, du Fl zottekot.

Zouteboum’

bâton de réglisse, du Fl zoete- boom (litt. bois sucré).

Zoupt’che

morceau de laine servant de bouton pour matelasser.

Zwatelaere

voir swatelaere.

Zwin’

cochon, du Fl swyn.

Zwinepleck

abattoir à cochons, du Fl zwy- nepleck.

Zwinepôte

pieds de cochons, du Fl zwyne- paet.

Zwinnepuste (zwinnepusse)

compère loriot

Zwinnerat’che

cochon d’inde (litt. Cochon rat).

Zwein’tche

fou.

Zwek’tche

sexe (masculinl) / perche de figueman.

Zwint’che

balayette, du Fl zwyntje (petit cochon). Ainsi nommée à cause de sa petite poignée qui fait penser à la queue d’ un cochon. « Un zwinn’tche et un blèck’tche » (une balayette et un ramasse poussière).

Zwinevrout’che

baiser mouillé.